20 novembre 2020

Kamal Ibrahim (1942 - 2021) : D’un sang à l’autre

  D’un sang à l’autre   L’os m’est long J’ai sang comme un mot J’ai corps j’ai peur Je viande goutte à goutte Mon cri me songe J’ai flamme et loin     Elle femme avec moi Un blé qui neige aux abois Elle cuisse comme une grange Elle cloue sur sa jupe Les contes de fée Elle fait de Sang un mètre d’altitude Le clitoris amer elle gère mes sourcils     Mes bras me sont nés Mes jambes dans la manie qui membre Mes yeux dans le CHAQUE Dans le linge qui repasse mes genoux Mon crâne qui... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

19 novembre 2020

Richard Rognet (1942 -) : Elégie pour le temps de vivre (V)

Elégie pour le temps de vivre (V)   L’herbe est paisible. Un sourire se balance à travers les branches, un sourire où tu reconnais, dans les replis de la lumière, l’empreinte   d’un amour autrefois délaissé. L’herbe a la grâce du temps qui passe avec l’innocence du silence ou la patience de l’espoir. Mais l’amour   est resté loin de toi, et les caresses qui te manquent, c’est à l’herbe que tu les demandes, à l’herbe   où le matin chuchote entre la fluidité de l’air et celle du souvenir.   ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
18 novembre 2020

Jean Lemaire de Belges (1473 – 1525) : « Au moins, Princesse... »

Les illustrations de Gaule et sĩgularitez de Troye, 1512.   . Au moins, Princesse, (en extrême guerdon (*) )                (*)  récompense Je te requiers et te supplie un don : C’est que mon corps n’y (1) soit enseveli, Ains (*), le me mets en quelque lieu joli,                         (*)  mais Bien tapissé de... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
17 novembre 2020

Joyce Mansour (1928 – 1986) : La cuirasse

  La cuirasse   Quand la guerre pleuvra sur la houle et sur les plages J’irai à sa rencontre armée de mon visage Coiffée d’un lourd sanglot Je m’étendrai à plat ventre Sur l’aile d’un bombardier Et j’attendrai Quand le ciment brûlera sur les trottoirs Je suivrai l’itinéraire des bombes parmi les grimaces de la foule Je me collerai aux décombres Comme une touffe de poils sur un nu Mon œil escortera les contours allongés de la désolation Des morts brasillants de soleil et de sang Se tairont à mes côtés Des... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
16 novembre 2020

Bertand de Born (1140 – 1215) : « Me plaît le joyeux temps de Pâques... » / « Be·m platz lo gais temps de Pascor... »

Bertran de Born, d'après un chansonnier du XIIIe siècle. BnF, MS cod. fr. 12473.   Me plaît le joyeux temps de Pâques qui fait venir feuilles et fleurs et j’ai plaisir quand j’entends la jubilation des oiseaux qui font retentir leur chant dans le bocage et j’ai plaisir quand je vois sur les prés tentes et pavillons dressés et j’ai grande allégresse quand je vois dans la campagne rangés chevaliers et chevaux armés.   J’ai plaisir quand les éclaireurs font fuir les gens portant leur bien ; ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

13 novembre 2020

Jean Malrieu (1915 – 1976) : Le mal du temps

    Le mal du temps   Tous les soirs Parce que j’aime et je veux vivre Tous les soirs Parce que tant qu’on vit on vit d’espoir Et que je sais ce que vivre veut dire Tous les soirs Ce poids tu temps je le dépose à terre Comme un qui sait dormir Comme un qui peut mourir Mais qui ne veut le faire   Préface à l’Amour Edition des Cahiers du Sud, Marseille, 1953 Du même auteur : Le veilleur (14/11/2014) Saison dorée (14/11/2015) Nuit d’herbe (14/11/2016) La joie (14/11/2017) Le plus beau jour... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 23:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
13 novembre 2020

Georges Hugnet (1906 – 1974) : Le poil de la bête

Man-Ray portrait de Georges Hugnet 1934   Le poil de la bête à Marcelle Ferry     Sonneur de vérités, crieur de pressentiments, vérité comme un pôle magnétique, vérité qui parle en toi derrière ta bouche cousue, hors du monde, dans le monde qui s’éthère comme ce gâteau de boue où lente se recompose la jeunesse du monde perdue de vue, ainsi, ton sommeil n’est pas, n’est pas plus tranquille. Dans la continuité de ce qui vit en toi, une force sort de toi, continuelle, sans profil, la houille blanche qu’on ne... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
12 novembre 2020

Jules Supervielle (1884 – 1960) : Les amis inconnus

Les amis inconnus     ll vous naît un poisson qui se met à tourner Tout de suite au plus noir d'une lame profonde, Il vous naît une étoile au-dessus de la tête, Elle voudrait chanter mais ne peut faire mieux Que ses sœurs de la nuit les étoiles muettes. Il vous naît un oiseau dans la force de l'âge En plein vol, et cachant votre histoire en son cœur Puisqu'il n'a que son cri d'oiseau pour la montrer, Il vole sur les bois, se choisit une branche Et s'y pose, on dirait qu'elle est comme les autres. Où... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
11 novembre 2020

André Pieyre de Mandiargues (1909 – 1991) : Le plaisir et les artifices

André Pieyre de Mandiargues peint par sa femme Bona   Le plaisir et les artifices   Plus vivement qu’aux billes Va la main aux jeux des boutons Des boutonnières des bretelles Des rubans fous et des épingles Ongles et soie dents et dentelle Le jeu ne ralentira pas Qu’il n’ait mis nue de la nuque en bas La myrmidonne enamourée Pour l’armer mieux par le lis Et l’œillet noir de son dénuement Que par les nœuds de l’or ou de l’acier.   Croit gagner qui joue l’homme Et joue et se perdra Mais l’autre gagne au... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :