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D’un sang à l’autre

 

L’os m’est long

J’ai sang comme un mot

J’ai corps j’ai peur

Je viande goutte à goutte

Mon cri me songe

J’ai flamme et loin

 

 

Elle femme avec moi

Un blé qui neige aux abois

Elle cuisse comme une grange

Elle cloue sur sa jupe

Les contes de fée

Elle fait de Sang un mètre d’altitude

Le clitoris amer elle gère mes sourcils

 

 

Mes bras me sont nés

Mes jambes dans la manie qui membre

Mes yeux dans le CHAQUE

Dans le linge qui repasse mes genoux

Mon crâne qui recrâne

Dans le cul de l’AUSSI

Mon œil mon an mon quoi

Ma lèvre qui presque qui chie

Mon mieux qui loint

Sur l’herbe à joie qui s’humide

Mon petit cri atroce

Ma plaie qui chose qui chausse

Mon gros matin

Ma bouche avant

 

 

L’en nuit l’en sang l’en ventre

Le clitogris qui défait les mouches

Le pli qui casse le dos remort

 

La peur qui sert un doigt de profil

 

 

Je pars en viande

Emis par l’os de poésie

En plaisir d’herbe et de gouttes

 

Je nais un peu

Par le cul de Van Gogh

Extrait d’une oreille

 

Je fais épaule

Je viande à sec

J’humour le loin que je scie quelquefois

 

 

Je mange au mort

Au geste découpé

Au pli divisé en morceaux

Je vitre un regard

Je ressangs

Mes mains me valent un visage

Mon cri se nomme un peu

Ma mort est grosse de neuf kilos

 

 

A table à loin à lampe

Vers la buée

D’un cri

 

Vers le sucre voulu d’Angoisse

Qui se lait par le souple Encore

 

A ma tête qui viande

La tranche de distraction

 

La mort viande

Editions P.J. Oswald, 1974

Du même auteur : La mort viande (20/11/2019)