17 décembre 2017

Raymond Queneau (1903 – 1977) : Je n'ai donc pu rêver

  Je n'ai donc pu rêver   Je n'ai donc pu rêver que de fausses manœuvres, vaisseau que des hasards menaient de port en port, de havre en havre et de la naissance à la mort, sans connaître le fret ignorant de leur œuvre.   Marins et passagers et navire qui tangue et ce je qui débute ont même expression, une charte-partie ou la démolition, mais sur ce pont se livrent des combats exsangues.   Voici : le capitaine a regardé les nuages qui démolissaient l'horizon, il descend dans la cale où... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 01:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

16 décembre 2017

Jean-Claude Renard (1922 – 2002) : L’exode annonce une rivière

  L’exode annonce une rivière A Jean Grosjean   1 Entre les roseaux, les flaques d’herbe, les buissons de genévriers, L’arc du sel au bord des vins rouges, - Je marchais vers Aigues-Mortes, Un canal ridé d’air attirait le silence, le sable Et parfois des chevaux. Qui transformera la braise immobile ?   2 Il y eut un goût de raisins à l’aplomb des saintes murailles : Une liqueur de menthe. Mais je n’entrai pas dans la ville. S’écarter comme l’épaisse trace jaune de la mer Au Grau-du-Roi, ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
15 décembre 2017

Gérald Neveu (1921 – 1960) : Midi

  Midi   Il est tombé - dit-on – plume noire et plume blanche sa soif traînant en immense branchage et donnez-moi - dit-on – ce sourire et ce géranium !   Les portes battues parlent d’or Le vent durcit en coquillage Descends - tu le peux – de ton chariot de victoire pour un triomphe plus amer pour une marche plus charnelle   Lève ton cœur comme vipère ma petite tuile d’orgueil…   On écoute tourner le vin noircir le sang changer le sable   On écoute pourrir comme une musique... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :
14 décembre 2017

Jean-Pierre Faye (1925 -) : Partage des eaux

  Partage des eaux   Les vallées prennent corps, affrontées et prennent eau à même la pierre amarrées au portail et à l’auvent liées aux arches, tendues sur les lignes jetées de plein cintre aidées par l’assise, arquées sur les piliers sans mesure et la mauvaise cassure dans la pente - mais l’effort du sol rejette la longue moulure levée en initiale et le clavier lacunaire des contreforts dans des langues différentes. Des voix se tendent différemment dans la chair entre la gorge et la bouche, et là où lève... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
13 décembre 2017

Jean-Pierre Duprey (1930 – 1959) : Où que j’erre

  Où que j’erre   Sortir de la mort, sortir de la pluie, sortir du pays, Sortir du pays, sortir de son pain, sortir de l'ennui, Sortir du toujours, sortir du jamais, sortir du pays, Il y a là-dedans quelque chose qui ne me revient pas, Quelque chose qui me ronge et me découpe. Ah sortir de sa boue, Et sortir de sa nuit et de la nuit des autres, Sortir de sa chance et de sa mauvaise chance, De l'amer et de l'aigu, de la mer et de la terre, Sortir de ce pays qui m'assèche, Ce pays qui me pousse dans le... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
11 décembre 2017

Gilberte H. Dallas (1918-1960) : « J’ai plongé mon avide soif… »

    O        J’ai plongé mon avide soif dans l’algue de ton corps sur l’enclume reposé, splendide charogne, trésor des Galapagos j’ai plongé mes mains dans tes entrailles en ai retiré  la robe de pierres de la Dame Noire, pierres d’herbes, d’eau et de ciel, pierres de fils et de soleil.      J’ai plongé mes mains dans ton ventre, en ai retiré le cheval de bois blanc comme un astre, avec son harnais de tulipe.      J’ai plongé mes mains et mon... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 23:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

10 décembre 2017

Roland Dubillard (1923 – 2011) : Si le bruit recommence

  Si le bruit recommence Si le bruit recommence à prendre mon oreille comme un arbre sa pomme; Si je ne suis plus moi-même au volant des vagues pour conduire la mer où la mer serait mieux; Si j’ai des horizons qui m’entrent dans les yeux, un cri pour ne toucher que le tympan des morts; Si un rien m’étrangle, et encore! sans gorge pour les doigts de l’oubli fouillant la mémoire comme une veste son armoire; Si cela recommence et si cela se réinstalle et si je dois signer ma propre figure et me scier ma scie comme... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
08 décembre 2017

Charles Juliet (1934 -) : Pourquoi écrire

  Pourquoi écrire   Écrire. Écrire pour obéir au besoin que j'en ai.   Écrire pour apprendre à écrire. Apprendre à parler.   Écrire pour ne plus avoir peur.   Écrire pour ne pas vivre dans l'ignorance.   Écrire pour panser mes blessures. Ne pas rester prisonnier de ce qui a fracturé      mon enfance.   Écrire pour me parcourir, me découvrir. Me révéler à moi-même.   Écrire pour déraciner la haine de soi. Apprendre à m'aimer.   Écrire pour surmonter... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
07 décembre 2017

Alain Jégou (1948 – 2013) : « marcher sur des chemins provisoires… »

  à Armande   marcher sur des chemins provisoires pavés de coquillages brisés de gamberges inabordées parce qu’inabordables lasse le gris froid qui plisse entre les lèvres et la morsure du silence comme sable où le sang s’infiltre négligemment un jour est nécessaire d’amour des mots qui portent les yeux à l’ébloui de l’autre des errances qui s’improvisent sous les caresses de l’autre et tous deux d’étreintes à pleins corps ébahis pour des étés à se lécher le cœur alors qui comme nous demeurent sur cette... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
06 décembre 2017

Maurice Roche (1924 – 1997) : « Je suis un malade, … »

  Je    suis   un   malade,   mon   père   le sait.             Il   fait   nuit   et j’ ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :