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 Arbre mon univers

 

Arbre je crois en toi je crie à ton feuillage

Je suis perdu loin du navire de tes ombres.

Que ta sève aux rameaux de mes veines remonte

Fleuve fidèle, épais, de neige et de nuage.

Arbre, mon univers déchiqueté d'oiseaux,

Tu n'es plus qu'une main dressée en mon désert

Là-bas, sur l'horizon interne de l'hiver,

Pauvre main qui surgit ramenée à ses os.

Arbre vivant et vrai qu'enlacent les collines,

Arbre peuplé de chants, de durée et d'étoiles,

Image de ma chair, beau visage natal

Que la nuit tour à tour révèle puis incline,

Arbre, en moi va mourir ton ultime racine,

J'appelle d'une voix de branches dans le vent

Ta forêt qui s'enfuit et s'arrache à mon sang.

 

Vrai visage

Editions Seghers, 1953

Du même auteur :

A mi–voix (16/11/2015)

Vocabulaire (16/11/2016)

« Je ne suis que cet enfant... » (15/08/2018)

Le témoin (15/08/2019)