Image+1[1]Anthony Lhéritier en 1992

 

Retours

 

Me voici revenu d’inutiles voyages

Je ne sais plus, plus loin, quels soleils tropicaux

Ont brûlé mon regard et sculpté mon visage

Au roulis sans sommeil de quels obscurs cargos.

 

C’est loin, je ne sais plus où saigne ma tristesse

De quel port dans la nuit rôde le souvenir

Escale de misère, il pleuvait, où était-ce ?

Je ne sais plus. A l’aube, il fallait repartir.

 

Et puis ailleurs encore, après quelque bagarre

Quel nègre épileptique aboyait comme un chien

Quel marin portugais piétinait sa guitare

Quelle femme pleurait ? Je ne sais plus. C’est loin.

 

In, Charles Le Quintrec : « Poètes de Bretagne. Anthologie »

Editions de la Table Ronde, 2018