29 avril 2017

Joseph Brodsky / Иосиф Александрович Бродский (1940 - 1996) : Passent les nuages /

  Passent les nuages   Entends-tu, entends-tu, dans les taillis le chant des enfants, ces voix qui s’élèvent au-dessus des arbres d’argent se perdent dans la nuit prochaine, se taisent lentement et se confondent avec le ciel qu’efface la nuit.   Les fils brillants de la pluie s’entrelacent aux arbres et bruissent en silence dans l’herbe blanche, entends-tu leurs voix, as-tu vu leurs cheveux ... [Lire la suite]
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28 avril 2017

Alan Botrel (1954 - ) : Epire/ Epiros

  Epire   onze heures Chiens qui aboient dans la nuit bleue, muette, lune ronde comme une balle déchirant la soie du ciel paisible sur le vaisseau blanc d’un nuage douillet.   minuit Les lumières des places villageoises s’effacent, aveugles, dans l’obscurité charbonneuse ; le silence de la montagne se fait plus dense : la nuit creuse est dure comme une roche.   Traduit du breton par l’auteur Du même auteur : Une fois encore (19/12/2014)   Epiros   unnek eur Harzh ar... [Lire la suite]
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27 avril 2017

Pablo García Baena (1923 -) : Quand les messagers… / Cuando los mensajeros…

  Quand les messagers…   Quand les messagers frapperont aux volets et que leurs voix, à travers le bois vermoulu, pénétrera tel un vent de musique et d’argent, ô cœur, ne crains rien, ne tremble pas, mon amour. Un souffle de destin éteindra la flamme entre les lèvres et dans les barques de l’été les rameurs fleuris se tairont      à jamais. La main, sur les cordes de quelque noble instrument, demeurera, et la chanson, oiseau inachevé, cherchera son nid dans les gemmes brillantes et... [Lire la suite]
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26 avril 2017

Paul Claudel (1868 – 1955) : La Muse qui est la Grâce

  La Muse qui est la Grâce        Encore, encore la mer qui revient me rechercher comme une barque,      La mer encore qui retourne vers moi à la marée de syzygie et qui me lève et remue de mon ber comme une galère allégée,      Comme une barque qui ne tient plus qu’à sa corde, et qui danse furieusement, et qui tape, et qui saque, et qui fonce, et qui encense, et qui culbute, le nez à son piquet,      Comme le grand pur sang que l’on... [Lire la suite]
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25 avril 2017

José Hierro (1922 – 2002) : La rencontre

  La Rencontre A Rafael Alberti   Un jour je dirai : bienvenue à la maison. Voici ton feu. Bois ton vin dans ton verre, Regarde le ciel, romps le pain. Comme tu as été long. Tu as erré sous les constellations du Sud, navigué sur les fleuves aux sonorités multiples. Que ton voyage a été long. Je te trouve fatigué. Ne me demande rien. Donne à manger à tes chiens, entends la chanson du peuplier. Ne me pose aucune question, ne me demande rien.   Si je parlais, tu pleurerais. Si tu mettais tes... [Lire la suite]
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24 avril 2017

Georges Ribement-Dessaignes (1884 - 1974) : « Il y avait un grand silence… »

  Il y avait un grand silence, car derrière tout ce qui se passe Il ne se passe rien, il y a un grand silence, On entend juste son cœur qui bat, Un cœur qui bat, cela ne se comprend pas, Mais toute cette vie, qu’est-ce donc, Toute cette vie bonne à dormir à l’abandon, La tête couchée sur les pierres Qui ne bougent pas, ne comprennent pas, ne pensent pas Ne dorment ni veillent Ni rêvent, Toute cette vie que les hommes ont comme si on la leur avait      donnée Mais qu’on ne leur a pas donnée, ... [Lire la suite]
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23 avril 2017

Rabindranath Tagore / রবীন্দ্রনাথ ঠাকুর (1861 – 1941) : « Malgré le soir qui s’avance … »

  LXVII        Malgré le soir qui s’avance à pas lents et qui fait taire toutes  les chansons ;       Malgré le départ de tes compagnes et ta fatigue ;       Malgré la peur qui court dans les ténèbres ; malgré le ciel voilé ;       Oiseau, ô mon oiseau écoute-moi ; ne ferme pas tes ailes.         L’obscurité qui t’environne n’est pas celle des feuilles de la... [Lire la suite]
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22 avril 2017

Francis Picabia (1879 – 1953) : Poème d’espérance

  Poème d’espérance   Son regard m’amuse comme une porte que l’on pousse sur un parc rouillé. Citron du soleil qui tombe. elle passe comme le hérisson en boule chaque soir sur les lèvres du ruisseau. Les corbeaux de la nuit sont des étoiles noires et font entendre une musique déchirante. Je voudrai flairer un parfum semblable à la cosse du printemps Loin des montagnes vertes et blanches.   Des perles aux pourceaux In, Revue « Tropiques, N° 12, Janvier 1945 » Fort - De - France (Martinique),... [Lire la suite]
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20 avril 2017

Abd-al- Wahab Al-Bayati (1926 -د الوهاب البياتي/ (1999 : Tristesse de la violette

    Tristesse de la violette Les multitudes qui travaillent Ne rêvent pas à la mort du papillon Ni aux tristesses des violettes Ni au voile qui scintille Sous la lumière de la lune verte des nuits d’été Ni aux amours du fou avec son fantôme Les multitudes qui travaillent Qui se dépouillent Qui se déchirent Les multitudes qui fabriquent le bateau du rêveur Les multitudes qui tissent les mouchoirs des amants Les multitudes qui pleurent Qui chantent qui souffrent Tout autour de la terre Dans les usines de... [Lire la suite]
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20 avril 2017

Efraín Bartolomé (1950 - ) : Rivière nocturne

  Rivière nocturne   On ne peut rien contre la pluie Rien contre la rivière noire Qui descend jusqu’au fond boueux du village   Rivière de nuit qui tombe crie fouette incendie tremble bruit gifle la terre, le vent, et octobre qui naît et la mémoire      gorgée d’eau de vie en tombant dans les brasiers insomniaques   Il y eut des années où le ciel venait  Egal Battre les toits comme un tambour et le manguier luxuriant de la cour avait tout l’air d’être forêt pareil à... [Lire la suite]
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