09 mars 2018

Yves Elléouët (1932 – 1975) : « Les taureaux qui beuglent… »

  Les taureaux qui beuglent dans les rochers et les barbares qui barattent le venin dans des coupes sont allongés dans le vent de mer dans le vent des îles cariées ils ont de grands lits qui se font et se défont entre minuit et midi je les entends remuer pour certains jeux quand le bronze des villages est en berne ils sont allongés dans des pirogues torrides d’où s’élève encore la fumée des oblations de très loin leurs grandes silhouettes me font signe   Au pays du sel profond Editions Bretagne,1979 Du... [Lire la suite]
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09 mars 2017

Yves Elléouët (1932 – 1975) : Dédicace

  Dédicace   aux rois oubliés fumées vapeurs et soufres aux troupeaux repus dans la brûlure des champs à la nuit élastique et sein bleu boule d’odeurs au jour dans le verre de la lampe à ce qui ne parle pas dans les prairies fauves à ma vie au chevalier sans nez sans casque à son sourire sous les ardoises du cloître à la comtesse marie de kerguezec « endormie dans le seigneur » aux cloches et aux clochers d’août à ces voix éparses à ces silences à toi.   Au pays du sel profond ... [Lire la suite]
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08 mars 2016

Yves Elléouët (1932 -1975) : Au pays de lointaine mémoire

      Au pays de lointaine mémoire   c’étaient les grandes outres du ciel dans un pays de lointaine mémoire c’étaient profondes et vieilles les hantises c’étaient les bûchers où bascule l’échelle cagneuse du nécromant et le vent crève sous les tripes outremer   la nuit couchée sur les troncs couchés les bourrasques dans le cœur d’août la pluie veuve et se traînant c’était l’août bourru et moite l’août au ciel ras l’août des épidémies   on se battait dans la cécité des murs dans la... [Lire la suite]
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23 décembre 2014

Yves Elléouët (1932 -1975) : Pencran

Pencran   parfois je dirige mon regard à l’intérieur vers PENCRAN qui semble flotter sur une colline ennuagée   petit café-tabac je m’y vois lamper du vin fort dans des grands verres la pluie crible la vitre on lève la tête tout est noir un ruban de papier tue-mouche pend dans la pénombre une vieille femme indistincte passe un chiffon humide sur le comptoir de bois   l’église est proche de la place aux arbres le cimetière la cerne vers le sud deux ou trois de mes ancêtres y sont désintégrés sous... [Lire la suite]
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