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Au pays de lointaine mémoire

 

c’étaient les grandes outres du ciel

dans un pays de lointaine mémoire

c’étaient profondes et vieilles les hantises

c’étaient les bûchers où bascule

l’échelle cagneuse du nécromant

et le vent crève sous les tripes outremer

 

la nuit couchée sur les troncs couchés

les bourrasques dans le cœur d’août

la pluie veuve et se traînant

c’était l’août bourru et moite

l’août au ciel ras l’août des épidémies

 

on se battait dans la cécité des murs

dans la pierre levée des clochers

là je vivais environnée de doubles

au large des fermes et des meules

lettre vide attendant le souffle et la voix.

 

Au pays du sel profond

Editions Bretagne, 1979

Du même auteur :

Pencran (23/12/2014)

Dédicace (09/03/2017)

 

« Les taureaux qui beuglent… » (09/03/2018)