26 octobre 2016

Luc Decaunes (1913 – 2001) : Entre Ménerbes et lumières

  Entre Ménerbes et lumières A René Char        L’aube surgissait de partout et m’entourait soudain de ses soldats légers. Une fine lueur sortait des arbres et des pierres comme leur spectre éveillé, et dans les prés mille regards soulevaient les paupières de l’herbe.        J’étais seul sur la route et seul dans la lumière pure, comme si un monde nouveau  n’avait été fait que pour moi. J’entrais premier dans les villages endormis qui portaient des noms radieux,... [Lire la suite]
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25 octobre 2016

Allen Ginsberg (1926 – 1997) : Kaddish (I)

    Kaddish A Naomi Ginsberg 1894 -1956   I   Etrange tout à coup de penser à toi, partie sans corset ni yeux,      et moi qui marche sur le trottoir ensoleillé Greenwich Village centre ville Manhattan, midi d’hiver clair, ne me suis pas couché      de la nuit, ai parlé, ai parlé, ai lu le Kaddish à haute voix, ai      écouté Ray Charles gueulant son blues tue-tête comme un      sourd sur le pick-up   rythme... [Lire la suite]
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24 octobre 2016

Der Burggraf von Regensburg (1150-1170) : « Je suis avec constance… » / « Ich bin mit rehter staete…” (24/10/2016)

  Je suis avec constance dévouée à un noble chevalier, Comme mon cœur se réjouit quand je le tiens enlacé. Qui par ses hautes qualités se fait aimer de tout le monde peut- être en proie à une      joyeuse fierté. Eux tous ne peuvent m’enlever celui que depuis longtemps j’ai élu avec une vraie constance en mon cœur et qui m’a      fait connaître tant de joies. Dussent-ils en tomber raides morts de dépit, il me sera cher à jamais. Tous leurs efforts sont vains.   Traduit du... [Lire la suite]
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23 octobre 2016

Li Bai (ou Li Po)/ 李白 (701 – 762 ) : Chant de Qiupu

  Chant de Qiupu Qiupu ge   Trois mille toises de cheveux blancs, Pareillement long est mon chagrin. J’ignore, face au miroir brillant, D’où ce givre d’automne provient.   Traduit du chinois par Florence Hu – Sterk In, « L’apogée de la poésie chinoise. Li bai et Du Fu » Editions You Feng, 2000   Du même auteur : En cherchant Maître Yong-Tsouen à son ermitage : (23/10/2017) Accompagnant un ami (23/10/2018) Réveil de l’ivresse (22/10/2019)    
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22 octobre 2016

Valéry Larbaud (1881 – 1957): Thalassa

  Thalassa   Couché sur le divan au fond de la cabine (Bercé comme une poupée aux bras d'une fillette folle Par le tangage et le roulis — gros temps), J'ai sur l'âme un cercle lumineux : le hublot, Comme une vitrine de boutique où l'on vendrait la mer; Et, à demi sommeillant, je rêve De construire, dans une forme inusitée encore, un poème A la gloire de la mer.   O Homère! O Virgile! O CorpusPoeticum Boréale! C'est dans vos pages Qu'il faut chercher les vérités éternelles De la mer, et ces... [Lire la suite]
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21 octobre 2016

Albert Samain (1858 -1900) : « Je rêve de vers doux… »

  Je rêve de vers doux et d'intimes ramages, De vers à frôler l'âme ainsi que des plumages, De vers blonds où le sens fluide se délie Comme sous l'eau la chevelure d'Ophélie, De vers silencieux, et sans rythme et sans trame Où la rime sans bruit glisse comme une rame, De vers d'une ancienne étoffe, exténuée, Impalpable comme le son et la nuée, De vers de soir d'automne ensorcelant les heures Au rite féminin des syllabes mineures. De vers de soirs d'amour énervés de verveine, Où l'âme sente, exquise, une caresse à... [Lire la suite]
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20 octobre 2016

Jacques Depreux (1928 - ?) : Questions

  Questions   Interroger la mer, la nuit, le vent, le roc et ne trouver que soi dans le miroir des heures.   Où est le feu des choses, le feu caché du jour et de la mer (de tout ce qui ne fait pas d’ombre) ? Où est le feu de la lumière aveugle qui me pousse et me précède ?   Que savons-nous du jeu des ombres alternées nous qui voguons sur la cendre des choses ?   « Le feu qui te refuse est un feu trop obscur et l’ombre qui le hante une arme trop certaine. Renonce et... [Lire la suite]
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19 octobre 2016

Nazim Hikmet (1901 – 1963) : Peut-être que moi

  Peut-être que moi   Peut-être que moi                de ce jour                          bien plus avant :                me balançant pendu place du Pont                je laisserai... [Lire la suite]
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18 octobre 2016

François Villon (1431 – 1463) : Le testament (I à XLI)

  Le testament (I à XLI) 1 En l'an trentième de mon âge Que toutes mes hontes j'eus bues, Ne du tout fol, ne du tout sage, Non obstant maintes peines eues, Lesquelles j'ai toutes reçues Sous la main Thibaut d'Aussigny... S'evêque il est, seignant (*) les rues,                       *bénissant Qu'il soit le mien je le regny! 2 Mon seigneur n'est ne mon evêque; Sous lui ne tiens, s'il n'est en... [Lire la suite]
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17 octobre 2016

Jacques Lovichi (1937 - 2018) : Le combat avec l'ange

Le combat avec l'ange Pourquoi demandes-tu mon nom? Genèse, ch.32, verset 29.   à Jean Joubert   1 . Matière car tu n'es rien d'autre que matière point ne l'emporteras sur l'immuable moi   2. Nuit obscure du sang nuit de tous les prodiges ô nuit de silence et de mort   il sera          là debout pour combattre l'informe   3. Car tu n’es pas l’esprit tu es matière brute à laquelle appartient ce corps périssable et fourbu mais à jamais rebelle   ... [Lire la suite]
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