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Cette légère envie de se saouler

Qui prend l’homme le soir

Après une journée de travail

D’où nous vient-elle

Sinon de ne rien comprendre

Du mouvement absurde

De cette terre

Dont on dit qu’elle bouge,

Immortelle

Alors que c’est nous qui bougeons,

Nous si mortels, si faibles

Si forts quand il s’agit de vivre

Comme refuserait de faire

Un animal

Si faibles quand le moindre choix

Est à décider

C’est que nous sommes en politique

Bien plus qu’en poésie

C’est que nous ne supportons plus d’exister

Si notre voisin d’à côté

Souffle de froid et de la faim

On croirait, à lire les journaux

Que c’est nouveau cela,

Nouveau, ce goût des hommes

De nos frères

N’a-t-on pas toujours tué, meurtri,

Enclouenter sur pilori

Les malheureux qui osaient dire

Que rien n’allait très bien sur terre

Que rien n’irait jamais, tant que

L’homme laisserait faire

La richesse par la misère

Il y a de beaux traités là-dessus

Les hommes ne savent pas sourire

La Joconde n’est qu’un tableau

Qu’on vient regarder, de son haut

En trouvant le mauvais côté

De ce sourire un rien pincé

Perdu dans la nature, derrière

Labyrinthe où perdre son cœur

Mais non sa vie

Le cœur n’a qu’une chose à faire

C’est battre

Le temps qu’il fait dans nos saisons

Le temps qui bat sa déraison

Dans nos humeurs dévastatrices

 

 

Œuvres

Editions Gallimard (Quarto),2017

Du même auteur :

 « On meurt de rire… » (10/08/2014)

« Foutez-moi tout çà dans la mer… » (10/08/2015)

« Les guerres n'est-ce pas... » (16/10/2016)

 « Il y a un bruit près de chez moi… » (16/10/2017)

« Il n’y a rien... » (16/10/2018)

« Ces envies de vivre ... » (16/10/2019)

L’âme (16/10/2021)

Huit poèmes (16/10/2022)