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Jardin

 

la fourmi

qui sur le tronc se hâte

ne sait jamais

d’où va jaillir la mort

 

ocre est le mur

et ligneuses les herbes

deux abricots

pourrissent sous le feuilles

un hanneton

se heurte à chaque souche

en vrombissant

comme un hélicoptère

 

sur le dallage

un pas léger claudique

et le soleil

se couche entre les pins

cette inscription

sur le granit du temps

est moins lisible

à chaque aube de gloire

 

Mais la fourmi

celle-là ou une autre

poursuit sa course

éternelle et fragile

poursuit sa course

 

en ignorant qui meurt

à Valérie Stancu, 1984

 

 

Les derniers retranchements. Poèmes

Le cherche-midi éditeur, 2002

Du même auteur :

La sourde oreille (17/10/2014)

Ne variatur ou l’avant-dernière lettre d’Ephèse (17/10/2015)

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