05 mai 2018

François Cheng (1929 -) : Un jour, les pierres (III)

      ............................. Des rochers délivré L’invisible dragon De cime en cime s’élance Vers sa mer d’origine   Les oies sauvages s’ouvrent Au pur souffle qui passe Et soudain apaisés Les pins sont tout ouïe       Vers le dieu de passage Tu fais le geste d’invite   Dieu de soif           dieu de faim Traversant la terre Sans savoir où           poser sa tête   ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

04 mai 2018

Blaise Cendrars (1887 – 1961) : Au coeur du monde (Fragments)

    Au cœur du monde (fragments)     Ce ciel de Paris est plus pur qu’un ciel d’hiver lucide de froid. Jamais je ne vis de nuits plus sidérales et plus touffues que ce printemps Où les arbres des boulevards sont comme les ombres du ciel, Frondaisons dans les rivières mêlées aux oreilles d’éléphant, Feuilles de platanes, lourds marronniers.        Un nénuphar sur la Seine, c’est la lune au fil de l’eau La Voie Lactée dans le ciel se pâme sur Paris et l’étreint Folle et nue... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 02:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
03 mai 2018

Arthur Rimbaud (1854 – 1891) : Après le déluge

    Après le Déluge          Aussitôt que l'idée du Déluge se fut rassise,       Un lièvre s'arrêta dans les sainfoins et les clochettes mouvantes et dit sa prière à l'arc-en-ciel à travers la toile de l'araignée.       Oh ! les pierres précieuses qui se cachaient, - les fleurs qui regardaient déjà.       Dans la grande rue sale, les étals se dressèrent, et l'on tira les barques vers la mer ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:15 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :
02 mai 2018

René Char (1907 – 1988) : Fièvre de la Petite-Pierre d’Alsace

  Fièvre de la Petite-Pierre d’Alsace        Nous avançons sur l’étendue embrasée des forêts, comme l’étrave face aux lames, onde remontée des nuits, maintenant livrée à la solidarité de l’éclatement et de la destruction. Derrière cette cloison sauvage, au-delà de ce plafond, retraite d’un stentor réduit au silence et à la ferveur, se trouvait-il un ciel ?      Nous le vîmes à l’instant que le village nous apparut, bâtisse d’aurore et de soir nonchalant, nef à l’ancre... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 01:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
01 mai 2018

Guillaume Apollinaire (1880 – 1918) : Vitam impendere amori

  Vitam impendere amori     L’amour est mort entre tes bras Te souviens-tu de sa rencontre Il est mort tu la referas Il s’en revient à ta rencontre     Encore un printemps de passé   Je songe à ce qu’il eut de tendre Adieu saison qui finissez   Vous nous reviendrez aussi tendre         Dans le crépuscule fané Où plusieurs amours se bousculent Ton souvenir gît enchaîné Loin de nos ombres qui reculent     Ô mains qu’enchaîne la mémoire Et... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
29 avril 2018

Joseph Brodsky / Иосиф Александрович Бродский (1940 – 1996) : Tu galoperas dans le crépuscule

  Tu galoperas dans le crépuscule   Tu galoperas dans le crépuscule par les collines froides, sans fin, le long des bois de bouleaux qui fuient dans la nuit                               vers les maisons triangulaires, le long des ravins déserts, sur l’herbe gelée, ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

28 avril 2018

Alain Mabanckou (1966 -) : Tant que les arbres s’enracineront dans la terre

  Tant que les arbres s’enracineront dans la terre     je vends à l’autre siècle les errements de mon destin sinueux je revendique le double visage de mon identité éclatée avec le temps   je déchire ici et maintenant l’acte de naissance des frontières pour baptiser le nouvel espace à conquérir       honte à toi qui me cantonne à ce lopin de terre et me donne le tam-tam à battre   prends donc ta Négritude creuse porte-la comme viatique surtout n’oublie pas ta sagaie encore... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
27 avril 2018

Pablo García Baena (1923 -) : Enfant de chœur

  Enfant de chœur   Il baisa en l’enlevant le céleste manteau ; le rochet à dentelles et amidons, frivole et sensoriel comme un jupon, fut béatement plié sur le porte-serviettes. Le cordon une fois dénoué, la soutane noire à boutonnière carminée tomba à ses pieds comme une bannière vaincue. Et glissait une ancienne odeur de salve, de mois de mai, de motets angéliques de ces choeurs grégaires du samedi. Il se vit tout nu devant le miroir brume, tel un chandelier de blé, l’enfant de chœur blond, en... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
26 avril 2018

Paul Claudel (1868 – 1955) : Le cocotier

  Le cocotier        Tout arbre chez nous se tient debout comme un homme, mais immobile ; enfonçant ses racines dans la terre, il demeure les bras étendus. Ici, le sacré banyan ne s’exhausse point unique : des fils en penchent par où il retourne chercher le sein de la terre, semblable à un  temple qui s’engendre lui-même. Mais c’est du cocotier seulement que je vais parler.     Il n’a point de branches ; au sommet de sa tige, il érige une touffe de palmes. ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
25 avril 2018

José Hierro (1922- 2002) : Enfant / Niño

  Enfant   Roi d’un chant de blé, d’une rivière, d’une vigne : ainsi devra-t-il se rêver. Et libre. Maître de soi, bûcher perpétuel où brûle la bûche de la vérité. Et que l’amour l’enserre.   Il voudra monter jusqu’à voir le ciel apposer des formes claires sur le bronze de son rêve. Les ailes font défaut. Il se blessera dans son effort, et fondra en larmes sur son front d’enfant.   Et il apprendra la vérité. Le chant mourra dans sa gorge rouge, rouge de cette frayeur qui entend et qui voit,... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :