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O vent de l’aube, salue la bien-aimée de ma part

il m’est venu une telle envie de revoir mon pays

le cœur désire, mais à quoi bon

je n’y peux rien, des gens barrent notre chemin.

 

Le shah d’Iran nous a envoyé missive

le chagrin nous a assailli de ses hordes

le cruel destin nous a consumés

et il a dispersé nos cendres au vent.

 

Mon fardeau c’est la peine, j’en achète et j’en vends

je brûle et m’enfume comme la phalène

dans l’autre monde je prendrai le destin à la gorge,

qu’il n’abandonne pas nos roses aux indignes.

 

Je n’ai plus de doute dit Karadja-Oghlan

désormais je n’aurai plus pitié de mes rivaux.

Je n’ai plus la force d’atteindre nos pays

Que ma belle n’attende plus notre retour.

 

Traduit du turc par Gérard Chaliand

in, « Poésie populaire des turcs et des kurdes »

François Maspero éditeur, 1961

Du même auteur :

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