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Maison

 

Tu as au matin fait tomber

une première goutte de rosée

pour sûr, cela touchait à ton amour

à midi, quand tu as fait boire les chevaux

tu t’es tenu un instant sous un jeune rameau

et cela aussi touchait à elle

et dans la lumière du soir

tu es assis dans la maison, sans bouger

et cela encore touche à elle

 

tu ne peux pas le nier

 

l’immense soleil se retire, sable et boue se confondent,

détale le vent fou,

ciel et terre de pluie détrempés sanglotent sans fard ni feinte

et la maison d’amour est tendrement assise

elle recouvre une mère, elle recouvre un fils,

 

te recouvre et moi aussi.

 

1985

 

Traduit du chinois par Romain Graziani

In, « le ciel en fuite, anthologie de la nouvelle poésie chinoise »

Editions Circé, 2004

Du même auteur :

Face à la mer (02/07/2018)

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