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Le cygne

 

Dans la nuit, j’entends au loin des cygnes survoler un pont

et l’eau du fleuve dans mon corps

répond

 

ils survolent les terres de ma naissance, les terres du soir

quand un cygne se blesse

mais seule la brise est au courant

qu’il est déjà blessé lorsque lui vole encore

 

mais lourde est l’eau dans mon corps

comme ces battants de porche accrochés aux maisons

leur vol passe au-dessus d’un pont lointain

je ne puis leur répondre d’un vol gracieux

 

ils passent comme la neige, rafale sur le cimetière

mais dans la neige, nulle route menant à ma porte

- le corps est sans portes – il n’y a que les doigts

plantés au cimetière, comme dix bougies meurtries par le froid

 

sur mes terres,

mes terres de naissance

un cygne se blesse

comme le chante un air d’autrefois

 

1986

 

Traduit du chinois par Chantal Chen - Andro

In, « le ciel en fuite, anthologie de la nouvelle poésie chinoise »

Editions Circé, 2004

Du même auteur :

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