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A la déesse miséricorde de mon cou

 

Respire, respire

nous sommes deux petits flacons

remplis d’air chaud

que la déesse a rassemblés

 

la déesse est cette femme

d’Orient désireuse

de venir en aide

elle ne t’aide qu’une seule fois dans la vie

 

et cela suffit déjà

c’est par elle

mais par moi aussi

que mes mains touchent à toi, à ta

 respiration

 

deux petites voiles rouges frémissantes

tenues entre mes lèvres :

la déesse le sait

la déesse habite les bosquets de bambou il n’est rien qu’elle ne sache

elle sait pour ce soir

elle sait pour tous les amours

elle sait que l’eau de mer c’est moi

qui lave tes cils

elle sait que tu es mon corps à respirer, respirer

 

la déesse consent

la déesse consent de tout ton cœur

aussi m’a-t-elle laissé naître

elle t’a sur le corps que je suis devenu

laissée pendre toute humide

 

 

Traduit du chinois par Romain Graziani

In, « le ciel en fuite, anthologie de la nouvelle poésie chinoise »

Editions Circé, 2004

Du même auteur :

Face à la mer (02/07/2018)

Emouvoir (02/07/2019)

Tes mains (02/07/2020)

Le cygne (01/07/2021)

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