220px-Maritime_Quarter,_Swansea_-_geographStatue de Dylan Thomas par John Doubleday, à Swansea

 

Amour dans l’asile

 

          Une étrangère est venue

Partager ma chambre dans la maison folle

          Une fille, oiseau dément

 

Verrouillant la nuit de la porte avec son bras de plumes,

          Droite dans le lit-labyrinthe

Elle leurre la maison à l’épreuve du ciel avec des nuages

 

Et elle leurre la chambre de cauchemar en marchant,

          En liberté comme les morts,

Ou chevauche les océans imaginaires des pavillons d’hommes.

 

 

          Elle est venue possédée

Celle qui accueille la lumière trompeuse à travers le mur bondissant,

          Possédée par les cieux

 

Elle dort dans l’auge étroite et pourtant elle foule la poussière

          Puis délire tout son soûl

Sur les planches de la maison de fous, amincies par mes pleurs en marche.

 

Et surpris par la lumière dans ses bras à la longue, enfin

          Je peux sans faute

Souffrir la vision première qui mit feu aux étoiles.

 

Traduit de l’anglais par Alain Suied 

In, Dylan Thomas : « Visions et Prière et autres poèmes » 

Editons Gallimard (Poésie),1991

 

Amour à la maison de fous

 

          Une étrangère est venue

Partager ma chambre en la maison de travers dans ma tête,

          Une fille comme les oiseaux démente

 

Verrouillant les ténèbres de la porte avec ses bras ses plumes,

         Stricte dans le lit dédaleux

Elle dupe d’entrantes nuées la maison à l’épreuve des cieux

 

Dupe malgré tout de pas rôdeurs la chambre cauchemardeuse

          En large libre façon de morts,

Ou chevauche les imaginaires mers des masculines tutelles.

 

 

          Elle est venue possédée

Admettant l’illusoire lueur à travers l’obèse mur

          Possédée par les cieux

 

Elle dort dans le strict bien que rôdant sur la cendre,

          Bien qu’à son gré rêvante

Aux nourriciers logis de fous rodés par mes pas chemineurs.

 

Enfin pris de clartés en ses bras pour un cher à jamais

          Je puis sans défaillir

Supporter la première vision incendiant les étoiles.

 

Traduit de l’anglais par Armand Robin

in Armand Robin : « Poésie non traduite. II »

Editions Gallimard, 1958

Du même auteur :

La lumière point là où le soleil ne brille pas (04/02/2015)

La colline aux fougères / Fern Hill (22/03/2016)

« Surtout quand le vent d’octobre… » / Especially when the October wind…” (30/12/2017)

De son anniversaire / On his birhtday (30/12/2018)

 “ La force qui pousse la fleur... ”/ “ The force that through the green…” (30/12/2019)

Le bossu du parc / The hunchback in the park (30/12/2020)

 

Love in the asylum

A stranger has come

To share my room in the house not right in the head,

A girl mad as birds



Bolting the night of the door with her arm her plume

Strait in the mazed bed

She deludes the heaven-proof house with entering clouds



Yet she deludes with walking the nightmarish room,

At large as the dead,

Or rides the imagined oceans of the male wards.



She has come possessed

Who admits the delusive light through the bouncing wall,

Possessed by the skies



She sleeps in the narrow trough yet she walks the dust

Yet raves at her will

On the madhouse boards worn thin by my walking tears.



And taken by light in her arms at long and dear last

I may without fail

Suffer the first vision that set fire to the stars.

 

Death and Entrances

J.M. Dent & Sons LTD, 1946

Poème précédent en anglais : 

Louise Glück : Parabole / Parable (06/12/2021)

Poème suivant en anglais :

Emily Jane Brontë : Brouillard léger sur la colline / Mild the mist upon the hill ‘06/01/2022)