91a5lpRFTdL

 

Soir inédit

 

Je pose en vie

Montré d’une chemise

A quatre envies d’une rouille

Qui me verse une faute à manger

Je crie dans l’usure d’une tige

Je source à taper la vie

Je neige enfin et me demande 

 

Mon père m’a lu comme une encre de rage

Ma mère s’est défaite et mon sang s’est retiré

J’ai pris ma pelle alors comme un bien sinistre

Fauchant la mort j’ai mangé comme il faut 

 

Le bruit qui tête le fer comme une terre éteinte

Le cri qui flâne à côté des oursins

Ne mangent qu’un poème par an

 

Il y a aussi la touffe de pierres

Le corps versé dans un autre fracas

 

Je lève un chacal au bord de la nuit

Je taille mes rêves je mâche mes fleurs

Je coule un baiser rocheux qui retriste

Un blé convalescent me câble un désir

 

J’opaque enfin je puisque

Je source au lait

J’ombre et je tige

Je ressangs comme un fracas

J’entre dans la peur repeinte

 

Des rêves me chaussent comme un poignard

 

Je cumule la mort comme une vacance

Comme un cri chargé d’oliviers

Comme un soeur qui mange tout l’hiver

Je verse mon corps dans le vent goutte à goutte

Il pleut souvent quand je lave ma peur

 

Un rêve qui triple à mon doigt

Un arbre ouvert que je souple

Comme mes touches de lait

Une plaie qui pèse un ange à la bascule

Du temps

Un lit comme un nid d’absences

 

Ca rejambe au toucher

Comme une cuisse qui épluche une bêtise

Pour mettre la mort à la place du dos

 

Ca cuivre dans le bleu qui s’énorme

Ca ressang comme un gros adieu

 

Dans le ventre qui s’enclume on cogne un enfant

On pose un cri à l’entendre crâne

 

Il fait chez Sang deux anges électriques

Trois vies qui mangent du PEUT-ETRE

Un œil qui ferme un volet

 

Il neige à vie chez Ventre Clitophaible

Je tousse en vrac les gros Avrils

Il fait du corps au là des jambes

 

Je pose mon crime à côté de Nuit

Je trie mes tempes

Je bruis

 

 

La mort viande

Editions P.J. Oswald, 1974

Du même auteur :

 La mort viande (20/11/2019)

D’un sang à l’autre (20/11/2020)

Sang déplié (20/11/2021)