migueldorsnoticia[1]

 

Il ne faut pas te leurrer

A Carlos Clementson

 

Tu sais que c’est inutile,

il ne faut pas te leurrer.

Aussi loin que tu ailles

jamais tu ne seras allé loin.

Tu pourras aller et venir

par les cieux et les mers :

Denver, Valparaiso,

les cabanes lépreuses

de Dharbang, l’automne

dans les érables de l’Ontario,

les nuits guaranis,

bleutées et musicales,

les filles des îles,

leurs chœurs ondulants,

leurs seins innocents,

leurs guirlandes souriantes

de bienvenue... Mais

tu sais que la fuite

ne sera jamais véritable,

partout où tu iras

tu retrouveras toujours

cette même tristesse.

Car là où tu seras allé

là tu te retrouveras

 

19 -XII- 87

 

Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet

In, «Poésie espagnole,  Anthologie 1945 – 1990 »

Actes Sud / Editions Unesco, 1995

Du même auteur :« Comment appeler l’oiseau... » (21/11/2019)

 

 

 

No intentes engañarte.

 

Tú sabes que es inútil;

no intentes engañarte.

Por lejos que te vayas 

nunca habrás ido lejos.

Podrás ir y venir

por cielos y por mares:

Denver, Valparaíso, 

las chozas harapientas

de Dharbang, el otoño

en los arces de Ontario,

las noches guaraníes,

hechas de azul y música,

las hijas de las islas,

sus ondulantes coros,

sus senos inocentes,

sus risueñas guirnaldas

de bienvenida… Pero

tú sabes que la huida 

nunca será verdad,

que vayas donde vayas

siempre te encontrarás

esta misma tristeza.

Que allá donde hayas ido

estarás siempre tú.

 

La música extremada

Editorial Renacimiento, Sevilla (España,) 1991

 Poème précédent en espagnol :

Blas de Otero : Automne / Otoño (07/11/2020)