22 février 2021

Tristan Tzara (1896 – 1963) : Doutes / Indoieli

Tristan Tzara, par M.H. Maxy   Doutes   J’ai tiré le vieux rêve de sa boîte comme tu le fais d’un chapeau quand tu te fais beau dan ton habit à nombreux boutons comme tu tires le lièvre par les oreilles de ton carnier quand tu reviens de la chasse Comme tu choisis la fleur d’entre les mauvaises herbes et l’ami d’entre les courtisans   Voici ce qui m’est arrivé Lorsque le soir vint tout doucement comme un insecte Bon pour beaucoup comme un remède, quand j’allume dans mon âme un feu de bois mort Je me suis... [Lire la suite]
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20 janvier 2021

Ion Pillat (1891 – 1945) : Dans la vigne / În vie

  Dans la vigne   La vigne sent encore le muscat, sa patine, Le jus de pêches mûres la feuille crue de noyer... Dans le bocage les bécasses vont vers d’autres étés ; Que me veut donc l’automne qui me rappelle sur la colline ?   Ce n’est pas encore le soir, mais bien mûr est le jour, Et le soleil doré, comme un beau coing mûrit. Maintenant - chenille noire - monte vers lui, Sur le pont de l’Argeș, se traînant, un train lourd.   La forêt se vêtit des couleurs de la joie. A travers les... [Lire la suite]
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04 novembre 2020

Benjamin Fondane / Fundoianu (1898 – 1944) : Herța

Marcel Iancu : Fundoianu, 1925   Herța   I Le bourg sent la pluie, l’automne et le foin. Le vent apporte du sable, bouillant, dans le poumon, et les filles attendent dans la ruelle sale le silence qui tombe sur chaque soir, et le facteur encapuchonné, lourd et indifférent. Des chariots pourchassés par la pluie sont passés, et le silence sur toute chose depuis longtemps moisit. Dans les maisons, des hommes simples parlent le yiddish. Des oies, chaussées de jaune, longent d’un pas lent une palissade ; écoute... [Lire la suite]
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04 septembre 2020

Tudor Arghezi (1850 – 1889) : « Non, jamais l’automne... » / « Niciodată toamna... »

  Non, jamais l’automne...   Non, jamais l’automne n’a été aussi beau A notre âme avide d’une mort qui soulage. La plaine est couverte d’or et soie à nouveau, Et les arbres tissent des brocarts aux nuages. Les maisons amassées, cruches sans pareilles, Aux panses remplies d’un vin gros et très fort, Sont là sur la rive du fleuve de soleil, A la vase duquel nous avons bu tant d’or.   Les oiseaux noirâtres filent vers l’occident Comme la feuille malade du charme dur Qui vite se dépouille, bien haut secouant... [Lire la suite]
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