14 mai 2018

Emile Verhaeren (1855 – 1916) : La folie

    La folie   Routes de fer vers l'horizon : Blocs de cendres, talus de schistes, Où sur les bords un agneau triste Broute les poils d'un vieux gazon ; Départs brusques vers les banlieues, Rails qui sonnent, signaux qui bougent, Et tout à coup le passage des yeux Crus et sanglants d'un convoi rouge ; Appels stridents, ouragans noirs, Pays de brasiers roux et d'usines tragiques, Où sanglotent, quand vient le soir, Toutes les voix du vent Frappant, d'un contenu gémissement, Les fils à l'infini des... [Lire la suite]
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10 janvier 2018

Henry Bauchau (1913 – 2012) : Géologie

  Géologie   Oh, tu sais quant à toi, que dans le fond réside le vieux dieu furieux dont assurément  le mieux est de rien dire ... [Lire la suite]
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28 décembre 2017

Maurice Maeterlinck (1862 – 1949) : Cloche à plongeur

  Cloche à plongeur     Ô plongeur à jamais sous sa cloche !  Toute une mer de verre éternellement chaude !  Toute une vie immobile aux lents pendules verts !  Et tant d'êtres étranges à travers les parois !  Et tout attouchement à jamais interdit !  Lorsqu'il y a tant de vie en l'eau claire au-dehors ! Attention ! l'ombre des grands voiliers passe sur les dahlias des forêts sous-marines ;  Et je suis un moment à l'ombre des baleines qui s'en vont vers le pôle !   En ce... [Lire la suite]
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11 décembre 2017

Hubert Juin (1926 – 1987) : « Où sont les appels de la lumière… »

  Où sont les appels de la lumière Où les flammes lisses de jour d‘été dans son habit d’eau courante Et les marchés au village le vendredi parmi les rires les marronniers étendus à l’aise dans l’or noir du théâtre lorsque se levait narquoise la toile peinte c’était l’aube encore et elle la servante haussait sa nudité à la fenêtre espérant un regard un oiseau de chair comme l’enfant qui voit son sexe se gonfler lorsque le lave la servante aux doigts bleus L’orchestre n’en finissait pas de crisser de geindre de peigner... [Lire la suite]
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02 décembre 2017

William Cliff (1940 -) : « je croyais que la vie… »

  je croyais que la vie s’était arrêtée que plus jamais on en reverrait le soleil ni les arbres fleurir et pousser des feuilles ni le ciel montrer qu’il peut parfois être bleu   je croyais qu’on était entré dans une cave quelque part très loin avec dans l’âme de ne plus se soucier que les habits soient déchirés qu’il faille patauger avec d’affreuses pompes dans de la noire boue que depuis quatre jours on ne soit plus rasé ni lavé et que le linge de corps fasse honte tant il pue   dire qu’il y a des gens... [Lire la suite]
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01 novembre 2017

Jean-Pierre Verheggen (1942 -) : « Ecrire, c’est cà !... »

        Ecrire, c’est cà !      C’est d’abord découvrir qu’on a, en nous, ce trou d’mort à langues trouées où s’entassent, pêle-mêle, ces langues de tiraillous du Tchad ou de cajuns des bahous, cousins des ex-bat. d’Af., eux-mêmes matassins négropolitains des rastas de squatts, matachés de oualongadoudoux, comme chez nous, à Gembloux !      C’est comprendre et aimer çà quitte à avoir l’air d’avoir trop soufflé dans l’encrier du nec sous-ultra !-... [Lire la suite]
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30 juillet 2017

Guy Goffette (1947 -) : Dimanche de poissons

  Dimanche de poissons   Et puis un jour vient encore, un autre jour, allonger la corde des jours perdus a reculer sans cesse devant la montagne des livres, des lettres ; un jour   propre et net, ouvert comme un lit, un quia à l’heure des adieux – et le mouchoir qu’on tire est le même qu’hier, où les larmes ont séché - un lit de pierres, et c’est là où nous sommes,   occupés à nous taire longuement, à contempler par cœur la mer au plafond comme les poissons rouges du bocal, avec une fois de... [Lire la suite]
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05 mai 2017

Emile Verhaeren (1855 – 1916) : « Dès le matin... »

  Un matin    Dès le matin, par mes grand'routes coutumières            Qui traversent champs et vergers,            Je suis parti clair et léger, Le corps enveloppé de vent et de lumière.   Je vais, je ne sais où. Je vais, je suis heureux ;           C'est fête et joie en ma poitrine :           Que m'importent... [Lire la suite]
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13 janvier 2017

Andrée Sodenkamp (1906 – 2004) : « Je voudrais te dévaster d’amour… »

  Je voudrais te dévaster d’amour comme les cigales mangent les champs et que tu sois nu de toi-même et qu’il n’y ait que moi pour te recouvrir. Tu ne saurais plus où tu commences, où je finis. Emmêlés dans la chair et l’esprit, brûlés vifs l’un sur l’autre, se riant du plaisir comme les enfants, l’hiver, qui ont enfin chaud dans la chambre chaude.   Je veux être aussi le chemin après l’amour mouillé d’ombres légères que tu puisses avancer en moi --------------------------------------------   C’est... [Lire la suite]
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01 novembre 2016

Jean- Claude Pirotte (1939 - 2014) : "j'écris dans la cuisine..."

    j’écris dans la cuisine de ce logement triste que j’occupe depuis deux ans et demi presque   au bord du vieux canal quelquefois je promène ma solitude en laisse et je vois dériver sur un reflet de ciel la barge des années   dans un pays voisin des juges délirants m’ont voué à l’exil et depuis lors je traîne sans le sou sans métier ma belle oisiveté   on dit : c’est un brigand méfiez-vous du bohême je ne sors pas souvent je mange quand je peux et je surveille un peu la... [Lire la suite]
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