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Belle dont j’aime les yeux bruns

montre-moi ton visage, je suis venu le voir

on dit que ta chair est un remède à la peine

est-ce vrai mon amour, je suis venu pour le savoir

 

Je me mets à pleurer dès que je m’éveille

le jour de mes rêves la nuit de mes songes.

Je suis venu, mon amour, pour briser les ailes

des oiseaux qui volent au-dessus de toi.

 

On m’a dit que tes amants ne rient jamais

et pleurent tans qu’ils ne peuvent essuyer leurs larmes

celui qui t’étreint une fois ne meurt pas m’a-t-on dit

est-ce vrai mon amour je suis venu t’étreindre

 

Je me suis donné entier à ta taille gracile

que mon âme adore la douceur de tes mots

je suis l’amant qui sur la vigne de ton visage

s’en est venu cueillir tes roses rouges.

 

O mal d’amour dit Karadja-Oghlan

enfant d’ange aux cieux, sur terre enfant d’homme

je t’ai dit la vérité

je suis venu entrer dans ta couche.

 

Traduit du turc par Gérard Chaliand

in, « Poésie populaire des turcs et des kurdes »

François Maspero éditeur, 1961

 

Du même auteur : « J’ai parcouru … » (06/04/2018)