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J’ai parcouru maints pays étrangers,

je n’ai pas trouvé de chemin menant au monde.

Des roses, j’en ai vu par milliers dans les jardins,

aucune ne ressemblait à ma bien aimée.

 

Je me suis lassé du langage amer des hommes

des longues années pleines de tristesse.

En espérant de l’aide des torrents qui coulent

je n’ai pu trouver d’aussi ruisselants que moi-même.

 

Je me suis consumé à toutes les flammes

je me suis cloué à un poignard

le cœur percé je suis tombé

et je n’ai pas trouvé de main pour me relever.

 

Le monde reste sourd à mes appels,

désormais je n’attends plus rien du destin,

toi seule, mon âme, tu connais mon état

je n’ai pas trouvé de mots pour dire ma peine.

 

Je suis le rossignol qui gémit en détresse

j’ai beau crier, ma rose ne m’entends pas.

Mort secourable, dit Karadja-Oghlan

je n’ai trouvé d’autre issue que la tombe.

 

Traduit du turc par Gérard Chaliand

in, « Poésie populaire des turcs et des kurdes »

François Maspero éditeur, 1961

Du même auteur : « Belle dont j’aime les yeux bruns … » (06/04/2019)