119677354_1_

 

Lorsque la Tchoukhourova (*) s’habille en fête

lorsqu’elle se dépouille de sa nudité

et que le février chasse le vent de l’hiver

montagnes, il sied alors de vous appeler  paradis.

 

Vos arbres se parent de feuillages

vos pierres ont foi en l’Unité

toutes les fleurs se réjouissent en votre sein

vos sources, montagnes coulent en chantant.

 

Vos branches s’agitent avec le vent

entre eux jasent vos oiseaux

de cette fête on froidure les lieux misérables

pourquoi, montagnes, la jacinthe semble-t-elle éplorée ?

 

Karadja-Oghlan se réjouit en vous contemplant

en se réjouissant son cœur brûle et se couvre de cendres

toutes mes peines s’éveillent et s’agitent,

montagnes, et s’affrontent ma joie et ma douleur.

 

(*) : Plaine au sud de l’Anatolie (Turquie)

 

Traduit du turc par Gérard Chaliand

in, « Poésie populaire des turcs et des kurdes »

François Maspero éditeur, 1961

Du même auteur :

« J’ai parcouru … » (06/04/2018)

« Belle dont j’aime les yeux bruns ... » (06/04/2019)