AVT_Antonio-Gamoneda_3080[1]

 

Si au moins je savais d’où ta tête

prend son port de ramier amer,

si je savais quel ruban est plus long,

celui de ton désir ou celui de ta tristesse ;

 

si je voyais d’où ta beauté

tire sa ferme et silencieuse charge,

si l’on me disait qu’elle passion libère

sa nature du fond de tes yeux,

 

ô gardienne véloce, je te donnerais

une partie de moi-même pour rester

uni à ce qui m’est le plus cher.

 

Mais il est vrai que je ne sais pas

encore de quelle chose me dépouiller :

de cette douleur ou de ce froid.

 

 

Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet

« Poésie espagnole. Anthologie 1945 – 1990 »

Acte sud / Editions Unesco, 1995

Du même auteur :

« Je sais que l’unique chant… » (04/12/2016)

« Vois / la fugacité sylvestre… » (04/12/2017)

« Il existait tes mains... » / « Existían tus manos... » (04/12/2018)

Blues de l’escalier / Blues de la escalera (04/12/2019)