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Il existait tes mains.

 

Un jour le monde devint silencieux ;

les arbres, là-haut, étaient profonds et majestueux,

et nous sentions sous notre peau

le mouvement de la terre.

 

Tes main furent douces dans les miennes

et j’ai senti en même temps la gravité et la lumière,

et que tu vivais dans mon cœur.

 

Tout était vérité sous les arbres,

tout était vérité. Je comprenais

toutes choses comme on comprend

un fruit avec la bouche, une lumière avec les yeux.

 

Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet

« Poésie espagnole. Anthologie 1945 – 1990 »

Acte sud / Editions Unesco, 1995

Du même auteur :

« Je sais que l’unique chant… » (04/12/2016)

« Vois / la fugacité sylvestre… » (04/1/2017)

Existían tus manos.

Un día el mundo se quedó en silencio;

los árboles, arriba, eran hondos y majestuosos,

y nosotros sentíamos bajo nuestra piel

el movimiento de la tierra.

 

Tus manos fueron suaves en las mías

y yo sentí la gravedad y la luz

y que vivías en mi corazón.

 

Todo era verdad bajo los árboles,

todo era verdad. Yo comprendía

todas las cosas como se comprende

un fruto con la boca, una luz con los ojos

 

(Exentos, I)

 

Edad (Poesia 1947-1986)

Ediciones Cátedra, Madrid, 1987 

Poème précédent en espagnol :

Pablo Neruda : « Que ne t’atteigne pas l’air... » / « No te toque la noche... » (02/11/2018)