Alfonso-Gatto[1]

 

Et tu m’écouteras

 

Dans ce grand silence où l’aube

arrive des ports de brumes, aux vitres

d’une maison étrangère, je parlerai

de la vie perdue comme un rêve

et tu m’écouteras au cœur de ton froid,

fermant peu à peu les yeux, bleue.

 

Puis descendra sur le monde la paix

de tes mains, finalement sauve

sans peur d’être troublée.

Et nous croirons porter en nous

avec nos premiers espoirs une autre vie :

au souffle d’une vois désormais lointaine

comme la lune morte du matin.

 

Traduit de l’italien par Bernard Simeone

In, Alfonso Gatto : « Pauvreté comme le soir »,

Editions La Différence (Orphée), 1989

Du même auteur :

A mon père / A mio padre (27/08/2017)

Mots / Parole (27/08/2018)

« Les soirs reviendront... / « Torneranno le sere ... » (27/08/2019)

 

 

E tu m’ascolterai

 

In quel grande silenzio dove arriva

l'alba dai porti delle nebbie, ai vetri

d'una casa straniera, io parlerò

della vita perduta come un sogno

e tu m'ascolterai dentro al tuo freddo

chiudendo gli occhi a poco a poco, azzurra.

 

Poi sopra il mondo scenderà la pace

delle tue mani, finalmente illesa

senza paura d'essere turbata.

E crederemo di portar con noi

con le prime speranze un'altra vita:

al soffio della voce ormai lontana

come la luna morta del mattino.

 

 

Poesie d’Amore (1941 / 1949)

Poème précédent en italien :

Dino Campana : Bâtiment en voyage / Bastimento in viaggio (20/08/2020)