2183640_1_

 

La solitude de la mer est le meilleur exil

 

... Et la mer n’est pas sombre limite, mais exil.

Tous mes désirs s’y réalisent.

Au loin, quelqu’un m’imagine

étranger en terre étrangère.

Il ne connaît pas cette musique :

celle de la mer, sa rumeur

gonflée par les pluies, ou ces mouettes

qui laissent une traînée de lumière

dans l’air dense du matin hivernal.

La solitude de la mer n’est pas menace,

mais île où j’habite avec moi-même.

Tous mes désirs s’y réalisent

et le temps ne complote pas contre l’homme.

En ce matin d’hiver quelqu’un

m’imagine étranger,

et qu’il est doux de le savoir.

 

Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet

In, " Poésie espagnole, anthologie 1945 – 1990"

Actes Sud / Edition Unesco,1995

Du même auteur :

Du renoncement / De la renuncia (03/02/2016)

La mort que je n’ai pas eue (03/02/2017)

Paysage varié de l’amour / Vario paisaje del amor (03/02/2018)

Ulysse (03/02/2019)

 

La soledad del mar es el mejor exilio

 

... Y no es el mar oscuro límite, sino exilio.

En él se cumplen todos mis deseos.

Lejos, alguien me imagina extranjero en país extraño.

No conoce esta música :

a del mar, su rumor

crecido por la lluvia o esas gaviotas

que dejan un rastro de luz en el denso aire de la mañana invernal.

La soledad del mar no es amenaza

sino isla donde habito ajeno.

En él se cumplen todos mis deseos

y el tiempo no se confabula contra el hombre.

En la mañana de invierno alguien

me imagina extranjero,

y qué dulce es saberlo

 

La armadura de sal

Ediciones Hiperión, Madrid, 1980

Poème précédent en espagnol :

Felix Grande : Madrigal (20/01/2020)

Poème suivant en espagnol :

Octavio Paz : Elégie ininterrompue / Elegía interrumpida (10/02/2020)