2183640[1]

 

Désolation de miroirs

Hommage à Luis Cernuda

 

Non ta voix n’est plus tristesse, mais ombre.

Un blond épi de pleurs

te berce comme une belle pénombre.

Ton front altier, aile légère et très fraîche

qui enflamme la nuit.

Sur tes lèvres

passent les fleuves, désirs qui sont nuages.

Tes yeux abattus, vertige de l’amour

et ton corps telle une mer de bonheur.

Seules

tes pupilles son tristes, mais tu chantes.

La mémoire te guette, sa ténèbre.

Tu vis et meurs et meurs en toutes choses. Tu ne rêves plus.

Désolation de miroirs.

Qui donc surveille ?

La lampe s’éteint.

 

Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet

In, " Poésie espagnole, anthologie 1945 – 1990 "

Actes Sud / Edition Unesco,1995

Du même auteur :

Du renoncement / De la renuncia (03/02/2016)

La mort que je n’ai pas eue (03/02/2017)

Paysage varié de l’amour / Vario paisaje del amor (03/02/2018)

Ulysse (03/02/2019)

La solitude de la mer est le meilleur exil /La soledad del mar es el mejor exilio (03/02/2020)

Miroir des jours (03/02/2022)