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Miroir des jours

 

                                                                                             (Juan Gil-Albert)

 

Devant le miroir tu regardes tomber le jour.

La lumière peu à peu se cache, qui annonce

ton abattement aux confins des heures.

Car la peau s’épuise à vouloir toujours

attendre une autre peau et son naufrage,

et comment trouver le bonheur

si un beau corps ne vient éclairer notre vie.

 

Seul, sans volonté, envolée la félicité

de la jeunesse lointaine, tu te joins

aux premières ombres de la nuit,

tu laisses le temps déposer son lent oubli

sur tes paupières froides, et tu rêves

à ce dieu que tu sais si lointain...

et son sourire te trouble encore.

 

 

Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet

In, " Poésie espagnole, anthologie 1945 – 1990 "

Actes Sud / Edition Unesco,1995

Du même auteur :

Du renoncement / De la renuncia (03/02/2016)

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