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Ne chante plus rossignol, ma vigne n'est plus gaie

ami sans repos je me consume pour toi

ma mèche est épuisée la cire en a fondu

ami sans repos la douleur me consume.

 

Je suis comme le torrent qui éclate à la mer

je ressemble à la rose ouverte hors saison

je ressemble aux cendres dont le feu se noircit

ami sans repos ton amour me consume.

 

Par les courriers tu auras de mes nouvelles

bande mes plaies en même temps que celle des martyrs

j'ai erré quarante ans avec les cerfs dans la montagne

ami sans repos ton amour me consume.

 

Je suis Pir Sultan Abdal, je fus plein et j’ai débordé

j'ai dû laisser l'eau le boire et le manger

pour avoir trop aimé la vérité on m'a pendu

ami sans repos ton amour me consume.

 

Traduit du turc par Gérard Chaliand

in, « Poésie populaire des turcs et des kurdes »

François Maspero éditeur, 1961