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Adagio

 

Sous les grises nuées cahoteuses et le vent

froid dans la chair, poursuivi cherche encore

choses jolies tristes un peu à dire au soir

comme la joie des baigneuses sur l’eau

perdue ou bien les petits pas du cœur

la cendre tiède close le feu cerné

la survivance

                         cherche mots et mystères

pour tenir lieu sinon le temps et

ce serait sagesse et ce serait

 

 

 

 

on s’abîmait le soir devant des cieux

couleur de repentance, couleur

de bœuf ouvert ; c’était cela

sans doute, la carcasse des songes :

ce trop de chair, cet écartèlement,

les fadeurs de septembre repu.

 

On ne touchait au vrai qu’à la venue

des autre nuits,

                    noires de peu d’étoiles bousculées

de bourrasques, avec la mort veilleuse

accrochée à la lande rase,

et qui ne tremblait pas.

 

 (d’une persistence)



Revue « Poésie Partagée, Eté 1987 »,

Editions Folle Avoine, 35850 Romillé,1987

Du même auteur :

« Une fois, / Les écluses s’ouvrirent… » (16/03/2015)

avant-guerre (25/08/2016)

« rouillés sont les vaisseaux friables… » (25/08/2017)

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