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Cette année, la neige ne fondra pas

le vent du matin souffle, mauvais.

Les Turkmènes ne s’en iront pas vers le plateau

la tribu est décimée, elle est comme brisée.

 

Comme le Kizil-Yrmak, j’ai roulé en mugissant

j’ai frappé ma poitrine, j’en ai brisé la digue.

J’ai atteint la vigne du chevreuil au visage de rose

je suis entré en son jardin, la rose en était comme brisée.

 

Ma main est impuissante à ramasser ses roses

ma langue impuissante à s’enquérir d’elle

pour donner un sens aux quatre questions

mon saz ne chante plus, la corde comme brisée.

 

O mon Pir Sultan, ai-je été créé pour être esclave ?

était-ce pour mourir de la main d’un cruel Pacha ?

mon Ami m’a demandé de l’aller voir

j’irai, mais le chemin semble comme brisé.

 

 

Traduit du turc par Gérard Chaliand

in, « Poésie populaire des turcs et des kurdes »

François Maspero éditeur, 1961

Du même auteur :

« Ne chante plus rossignol ... » (26/08/2019)

« Ne te détourne point ... » (26/08/2020)