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Tout ce qui naît

avec le temps expire ; et le soleil

ne laisse en vie nulle chose.

 

S’évanouissent délices et peines

et l’esprit des hommes, et les paroles vaines ;

et nos progénitures ne sont plus

qu’ombres au soleil, et fumée au vent.

 

Comme vous, nous fûmes des hommes,

tristes et joyeux, comme vous,

et à présent nous ne sommes

que terre au soleil, exsangues.

 

Toute chose vient à mourir.

Jadis nos yeux étaient intacts,

chaque orbite avait sa lumière ;

ils sont devenus laids,  vides, éteints,

c’est hélas l’œuvre du temps.

 

Traduit de l’italien par Carolyne Cannella,

in revue « Babel heureuse N° 1, mars 2017 »

Gwen Catalá, éditeur, 31000 Toulouse

Du même auteur :

« A travailler tordu… » « I’ ho già fatto un gozzo… » (14/01/2016)

 « Avec ce coeur de soufre… » / « Al cor di zolfo… » (14/01/2017)  

« Quelle mordante lime… » / « Per qual mordace lima… » (14/01/2018)

 


Chiunche nasce a morte arriva

nel fuggir del tempo ; e ’l sole

niuna cosa lascia viva. 

 

Manca il dolce e quel che dole

e gl’ingegni e le parole ; 

e le nostre antiche prole

al sole ombre, al vento un fummo.

 

Come voi uomini fummo,

lieti e tristi, come siete ;

e or siàn, come vedete,

terra al sol, di vita priva.

 

Ogni cosa a morte arriva.

Già fur gli occhi nostri interi

con la luce in ogni speco ;

or son voti, orrendi e neri,

 

e ciò porta il tempo seco.

Poème précédent en italien :

Giacomo Leopardi : A se stesso (20/12/2018)

 

Poème suivant en italien :

 

François Pétrarque / Francesco Petrarca: « La vie fuit... » / « La vita fugge... » (21/02/2019)