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A mon père

 

Si tu revenais ce soir à mon côté

le long de la rue où l’ombre descend

bleue déjà comme si c’était le printemps,

pour te dire combien le monde est sombre et comment

sous nos rêves en liberté il s’illuminerait

d’espoirs, de pauvres, de ciel,

je trouverais des larmes d’enfant

et de grands yeux de sourire, noirs

noirs comme les hirondelles de mer.

 

Il suffirait que tu sois vivant,

un homme vivant avec ton cœur est un rêve.

Aujourd’hui est une ombre pour la terre le souvenir

de ta voix qui disait à tes enfants :

« Comme la nuit est belle et comme elle est bonne

de nous aimer ainsi, l’air en crue

jusqu’au cœur du sommeil. » Tu voyais le monde

à la pleine lune tendre vers le ciel,

les hommes en marche vers l’aube.

 

Traduit de l’italien par Bernard Simeone

In, Alfonso Gatto : « Pauvreté comme le soir »,

Editions La Différence (Orphée), 1989

Du même auteur : Mots / Parole (27/08/2018)

 

A mio padre

 

Se mi tornassi questa sera accanto

lungo la via dove scende l’ombra

azzura già che sembra primavera,

per dirti quanto è buio il mondo e come

ai nostri sogni in libertà s’accenda

di speranze di poveri di cielo,

io troverei un pianto da bambino

e gli occhi aperti di sorriso, neri

neri come le rondini del mare.

 

Mi basterebbe che tu fossi vivo,

un uomo vivo col tuo cuore è un sogno,

Ora alla terra è un’ombra la memoria

della tua voce che diceva ai figli :

« Com’è bella la notte e com’è buona

ad amarci così con l’aria in piena

fin dentro al sonno ». Tu vedevi il mondo

nel plenilunio sporgere a quel cielo,

gli uomini incamminati verso l’alba.

 

Il capo sulla neve

Quaderni di Milano – Sera (N°2), Milano, 1947

Poème précédent en italien :

Dino Campana : Gênes / Genova (20/08/2017)

Poème suivant en italien :

FrançoisPétrarque / Francesco Petrarca : « Quand parfois, au milieu d’autres dames… / « Quando fra l'altre donne ad ora ad ora… » (30/08/2017)