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Dans l’obscurité des entrailles 

 

Marchez plus doucement

Sur nos nerfs, passants.

Non, nous ne sommes pas morts.

Fatigués, seulement,

D’un sale brouillard

Au visage pourri et faux

Qui s’étire et se fait serpent, pieuvre, énigmes.

Plutôt le ventre de la terre que cet air sans air.

 

Marchez plus doucement

Sur nos nerfs, passants.

Nous sommes dans le noir d’un sous-sol tranquille.

Effaçant la fièvre, retrouvant l’esprit, nous chantons.

Nous nous cachons.

Nous cachons notre vie loin des chemins du temps.

Passants, sur nos nerfs

Marchez plus doucement.

 

Traduit de l’arabe par Luc Norin et Edouard Tarabay

In, Revue « Vagabondages, N°31, juin 1981 »

Association Paris-Poète

Librairie Séguier, 1981

Du même auteur : L’âge de glace (19/03/2016)