hawi-2[1]

 

L’âge de glace

 

Quand à  l’âge de glace,

Les veines de la terre sont mortes,

Ainsi en nous nos veines sont mortes.

Chair séchée, nos jambes et nos bras se sont figés.

Nous tentions en vain d’arrêter le vent

Et la nuit maussade,

En vain, de piéger le frisson

Qui en nous s’étirait,

Le frisson de la très sûre mort

Glissée aux cellules des os, au secret des cellules,

Et dans l’haleine du soleil, et de la lumière des miroirs,

Dans le grincement des portes, et les caves à provisions,

Dans le vin, et dans le pus des murs,

Le frisson de la très sure mort.

(…)

 

O Dieu de la fertilité, Toi, Baal, soc

De la terre stérile,

O soleil des moissons,

O dieu surgi du tombeau,

Pâque glorieuse,

Toi Tammouz, soleil des moissons,

Délivre-nous, délivre les veines de la terre

De cette glace qui l’a prise, et nous dedans.

Donnes aux morts tristes le sang,

Et aux roches esclaves,

Tout au long du long désert de glace,

Toi Tammouz, soleil des moissons.

(…)

 

 Nous priions, priions en vain,

Nous hurlions sans repos, en vain,

Tout au long du long désert de glace,

Nous, et le loup traqué

(…)

 

Traduit de l’arabe par Luc Norin et Edouard Tarabay

In, Revue « Vagabondages, N°31, juin 1981 »

Association Paris-Poète

Librairie Séguier, 1981

Du même auteur : Dans l’obscurité des entrailles (19/03/2017)