Dubouchet_1_1_

 

Cession

 

Le vent,

              dans les terres sans eau de l’été, nous

           quitte sur une lame,

                                            ce qui subsiste du ciel.

 

En plusieurs fractures, la terre se précise. La terre demeure stable

dans le souffle qui nous dénude.

 

Ici, dans le monde immobile et bleu, j’ai presque atteint ce mur.

Le fond du jour est encore devant nous. Le fond embrasé de la

terre. Le fond de la surface du front,

                                                             aplani par le même souffle,

ce froid.

 

Je me recompose au pied de la façade comme l’air bleu au pied

des labours.

 

                                                           Rien ne désaltère mon pas.

 

Dans la chaleur vacante,

Editions du Mercure de France, 1959

Du même auteur :

Le moteur blanc (09/07/2017)

Nivellement (09/07/2018)