ob_80a6df_alliette_audra_1_

 

Pax


Ô souvent je voudrais que la vie éternelle

Fût simplement cela : Quelques-uns réunis

Dans un jardin qu'embaume encor la citronnelle,

Réunis par amour dans l'été qui finit.

 

 

L'un d'entre eux serait juste arrivé de voyage.

On le ferait asseoir près de la véranda

Où est la lampe, afin de mieux voir son visage,

Son uniforme usé, sa pâleur de soldat .

 

 

La plus jeune viendrait le tenir par sa manche,

On n'oserait pas dire : " Tu es pâle..." Et lui,

Devant cette douceur des très anciens dimanches

Souhaite pour pouvoir pleurer, qu'il fasse nuit.

 

 

Une voix s'élèverait alors, la musique

Même de jadis au milieu d'un grand respect

Et du coeur de chacun, dans le soir balsamique

Disant ces mots simples : Mes enfants, c'est la paix.

 

Poèmes choisis

Editions Pierre Seghers, 1964

 

De la même auteure : « N’envoyez plus de lettres… » (02/06/2015)