12 avril 2018

Abdellatif Laâbi (1942 -) : Deux heures de train

  Deux heures de train   En deux heures de train je repasse le film de ma vie Deux minutes par année en moyenne Une demi-heure pour l’enfance une autre pour la prison L’amour, les livres, l’errance se partagent le reste La main de ma compagne fond peu à peu dans la mienne et sa tête sur mon épaule est aussi légère qu’une colombe A notre arrivée j’aurai la cinquantaine et il me restera à vivre une heure environ   L’Etreinte du monde Editions de la Différence, 1993 Du même auteur : ... [Lire la suite]
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12 avril 2017

Abdellatif Laâbi (1942 -) : « Tu te souviens… »

  Tu te souviens de ce pigeon qui avait pris l’habitude de descendre dans notre cour et dont je t’ai décrit la démarche le plumage bariolé, flamboyant des ailes de la gorge l’œil rond filant comme du vif argent me rappelant cette méfiance immémoriale qu’il y a entre nous et les bêtes …………………………………………… Ou bien encore ces moments où je guettais le vol des hirondelles arbalètes gracieuse et acrobates qui rejoignaient avec assurance leurs nids et piaillaient nerveusement comme pour demander de dégager le passage ... [Lire la suite]
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12 avril 2016

Abdellatif Laâbi (1942 - ) : « Je m’en irai… »

  Je m’en irai avec ce siècle où j’ai mal vécu sans même m’offrir le luxe du désespoir Je m’en irai avec ma fronde et mes cailloux le coq égorgé sur ma poitrine pour avoir chanté la nuit Je m’en irai avec le secret de ma pyramide et le tatouage de mes barreaux mes petits pieds lacérés par le miroir où j’ai refusé de me regarder Je m’en irai sage et ignorant doux et amer sans dire adieu à celle que je n’ai pas su aimer Je tomberai foudroyé comme une étoile oublié des hommes dans le désert des voix   ... [Lire la suite]
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12 avril 2015

Abdellatif Laâbi (1942 - ) : « Emmurée… »

    Emmurée Ton cœur continue à battre au fond des ténèbres Dans ton cœur un œil s’est ouvert Il voit ce que nous ne savons plus voir : le rictus du bourreau tapi en chacun de nous le visage de l’innocence piétiné par la horde l’étincelle de la compassion qui seule peut nous illuminer de l’intérieur la main qui s’ouvre pour que la tendresse jaillisse comme de source le signe de reconnaissance avant la fonte des métaux humains dans l’acte prodigieux de l’amour la bouche sans fard d’où vont couler ... [Lire la suite]
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