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Oh ! si j’étais en ce beau sein ravie

De celui-là pour lequel vais mourant ;

Si avec lui vivre le demeurant

De mes courts jours ne m’empêchait envie :

 

Si m’accolant me disait : chère Amie,

Contentons-nous l’un l’autre, s’assurant

Que jà tempête, Euripe, ni courant

Ne nous pourra déjoindre en notre vie ;

 

Si, de mes bras le tenant accolé,

Comme du lierre est l’arbre encercelé,

La mort venait, de mon aise envieuse,

 

Lors que, souef plus il me baiserait,

Et mon esprit sur ses lèvres fuirait,

Bien je mourrais, plus que vivante, heureuse.

 

 

De la même autrice :

« Baise m’encor, … » (05/01/2014) 

« Je vis, je meurs… » (05/01/2015)

« Tant que mes yeux… » (03/01/2017)

« Ne reprenez, Dames, … » (03/01/2018)

« Telle j’ai vu... » (03/01/2019)

« Ô doux regards... » (03/01/2020)