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La vie fuit et s’en va ni ne s’arrête une heure

Et à marches forcées la mort nous traque et suit

Et présent et passé aussi bien que futur

Se liguent contre moi pour me livrer combat.

 

Et me voilà navré tour à tour et autant

Par l’attente de l’un, le souvenir de l’autre.

J’aurai tôt fait déjà d’être de ces pensées

Délivré, si de moi je n’avais eu pitié.

 

Eprouva-t-il jamais mon cœur mélancolique

Les douceurs de la vie ? Il m’en souvient encore.

Mais je vois devant moi les vents troubler ma route.

 

Dans le port où je vais, la tempête fait rage

Et mon pilote est las, haubans et mâts brisés,

Et ils se sont éteints, les phares de tes yeux.

 

Traduit de l’italien par Sicca Venier

in, « Poètes d’Italie. Anthologie. »

Editions de La Table Ronde, 1999

Du même auteur : « Quand parfois, au milieu d’autres dames… / « Quando fra l'altre donne ad ora ad ora… » (30/08/2017)

 

La vita fugge, et non s’arresta una hora,

Et la morte vien dietro a gran giornate,

E le cose presenti et le passate

Mi dànno guerra, et le future anchora;

 

E ’l rimembrare et l’aspettar m’accora,

Or quinci or quindi, sí che ’n veritate,

Se non ch’i’ ò di me stesso pietate,

I’ sarei già di questi pensier’ fòra.

 

Tornami avanti, s’alcun dolce mai

Ebbe ’l cor tristo; et poi da l’altra parte

Veggio al mio navigar turbati i vènti;

Veggio fortuna in porto, et stanco omai

Il mio nocchier, et rotte arbore et sarte,

E i lumi bei che mirar soglio, spenti.

 

Canzoniere 

 

Poème précédent en italien :

Michel-Ange / Michelangelo Buonarotti: « Tout ce qui naît ... » / « Chiunche nasce... » (14/01/2019)

 Poème suivant en italien :

Salvatore Quasimodo : Devant le gisant d’Ilaria del Carretto / Davanti al simulacro d’Ilaria Del Carretto (15/04/2019)