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L’inutile aurore

 

Tout est vain

La fenêtre et l’aurore me restent dans la main

Les fleuves se disloquent

Sur le seuil

C’est la mer qui défroisse ses loques

Ici

La bouche fait lentement son sillon

Et l’heure est suspendue aux lèvres du grillon

Des larmes

Les dernières

Mais les brusques tournants de la lumière

Les algues déroulées sur le front du couchant

La poitrine de l’homme qui tremble au bord du champ

Le cœur pris dans la roue

Le hurlement des herses

Et la douleur qui suit le chemin de traverse

Ah tout est décidé

Le ciel rentre en sa lame

Ma chair sa mort dans l’âme

Mon sang son cou de dé.

 

(Le chant du coq)

 

Pleine poitrine

Pierre Fanlac éditeur, Périgueux, 1946

Du même auteur :

« La nuit ! la nuit surtout… » (18/01/2014)

« Je t'attendais ainsi qu'on attend les navires… » (18/01/2015)

« J'ai toujours habité … » (18/01/2016)

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