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Vœu

 

Je voudrais pour tes yeux la plaine

Et une forêt verte et rousse,

Lointaine

Et douce

A l’horizon sous un ciel clair,

Ou des collines aux belles lignes

Flexibles et lentes et vaporeuses

Et qui sembleraient fondre en la douceur de l’air,

Ou des collines

Ou la forêt..

 

Je voudrais

Que tu entendes,

Forte, vaste, profonde et tendre,

La grande voix sourde de la mer

Qui se lamente

Comme l’amour !

Et, par instant, tout près de toi,

Dans l’intervalle

Que tu entendes,

Tout près de toi,

Une colombe

Dans le silence,

Et faible et douce

Comme l’amour,

Un peu dans l’ombre,

Que tu entendes

Sourdre une source.

 

Je voudrais des fleurs pour tes mains,

Et pour tes pas

Un petit sentier d’herbe et de sable

Qui monte un peu et qui descende

Et tourne et semble

S’en aller au fond du silence,

Un tout petit sentier de sable

Où marqueraient un peu tes pas,

Nos pas

Ensemble !

 

Poèmes

Société du Mercure de France, 1895

Du même auteur :

« Si j'ai parlé / De mon amour … » (17/12/2014)

« Un petit roseau m’a suffi… » (17/12/2015)

Le jardin mouillé (16/03/18)