220px-Henri_de_Régnier[1]

Si j'ai parlé

De mon amour, c'est à l'eau lente

Qui m'écoute quand je me penche

Sur elle ; si j'ai parlé

 De mon amour, c'est au vent

 Qui rit et chuchote entre les branches ;

 Si j'ai parlé de mon amour, c'est à l'oiseau

 Qui passe et chante

 Avec le vent ;

 Si j'ai parlé

C'est à l'écho,

 

Si j'ai aimé de grand amour,

Triste ou joyeux,

Ce sont tes yeux ;

Si j'ai aimé de grand amour,

Ce fut ta bouche grave et douce,

Ce fut ta bouche ;

Si j'ai aimé de grand amour,

Ce furent ta chair tiède et tes mains fraiches,

Et c'est ton ombre que je cherche.

 

Les Jeux rustiques et divins, 

Société du Mercure de France, 1897

 

Du même auteur :

« Un petit roseau m‘a suffi … » (17/12/2015)

Vœu (17/12/2016)

Le jardin mouillé (16/03/18)