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 Yeux qui n’étaient rien avant le regard fontainier où nous

bûmes notre être. Car l’être est aussi affaire de hasard, il émerge

non seulement au point de procréation, mais chaque jour que fait

la lumière. Aspirer son long regard, océanique horizon surgi entre

les collines dans un virage de la route des vacances – en avoir

l’être pour tout le jour.

     J’ai vécu le retrait, je vis la montée des eaux. La brindille du

chêne balancée doucement avec ses quatre feuilles à demi

déployées est chargée de vérité autant qu’est comble de joie le

vide entier au bout du reflux.

 

Traduit du breton par l’auteur

In, Revue « Vagabondages, N°36, Février 1982 »

Association Paris-Poète, 1981

Du même auteur :

« Un ramier… » / « Un dube… » (01/05/2015)

« Attendre…/ « Gortoz… » (01/05/2017)

 

  

     Daoulaggadoù no oant netra a-raok ar sell feunteuniek ma evjomp

 hon boud. Rak ar boud ivez zo afer a zargouezh, eskoriñ a ra  n’eo

ket hepken e poent an engehentiñ, hogen bemdez-c’houlou. Denañ

he sell hir, dremmweliad mor diskoachet etre div run en ur blegenn

eus hent an ehanoù – ha dewarnañ kaout boud a-walc’h evit hiziv.

     Buhezet ‘m eus an tre, buheziañ a ran al lanv. Skoultrig an dervenn

 o horellat plarik gant he feder delienn hanterzispark zo ken karget a

wirionez ha ma’z eo barr gant al levenez ar goullou a-bezh e penn an tre.

 

Unnek eur

In, Revue “Emsav”, 1977

Poème précédent en Breton : 

 Fañch Peru : « Sur le muret du port… / War morgerenn ar porzh-mor… » (02/10/2015)

Poème suivant en breton :

Roparz Hemon : Vie / Buhez (04/09/2016