Ahmed-Abdel-Muti-Hijazi-1714[1]

 

 

Au Revoir

A Ragaa an-Naqqash


Amis

Que je crains la fin de la route

Et que je crains l'adieu du soir

Au revoir... Bonsoir... Au revoir...

Ces mots amers

Comme une mort

L'homme d'un homme arraché.

              

Rues de la ville

Bas-fonds de braises

Qui ruminent le feu de midi

La flamme bue depuis l'aube

Malheur à qui ne rencontre que leur soleil

Leurs murs leurs haies leurs murs leurs haies

Carrés triangles vitres.
                 

Misère d'une nuit déserte

D'un jour de repos

Sans rencontre

D'une vie sans amour

D'un temple hiver du coeur
                 

Amis !

Ô vivants sous un mur sourd

Tison de l'insomnie dans la nuit

Que je crains la fin de la route

Je la voudrais éternelle

Qu'elle ne rétrécisse pas

Qu'elle déploie des visions fraîches et heureuses

Devants nous... à l'infini

Comme l'horizon d'un village à la pointe de l'aube
                             

Horizon vaste et tendre des villages

Doux et vermeil enlaçant les maisons

Les arbres y voguent comme des palanquins errants

Et nous enfin là-bas

Marchant profonds sous le silence

Sous la lumière fine liquide

Ile de vie

La chaleur des camps dérive sur les eaux

Sans se lasser... Ô mes amis !
                               

La nuit dans la cité

Est une fête brève

Lumières chansons jeunesse

Hâte folle alcool

Fête brève

Peu... à peu... se tait le chant.

 

Traduit de l’arabe par Jamel Eddine Bencheikh,

In « les poètes de la Méditerranée », Editions Gallimard (Poésie), 2010

Du même auteur : Neige (07/08/2015)