cadou4[1]

La nuit ! La nuit surtout je ne rêve pas je vois 

J'entends je marche au bord du trou

J'entends gronder

Ce sont les pierres qui se détachent des années

La nuit nul ne prend garde

C'est tout un pan de l'avenir qui se lézarde

Et rien ne vivra plus en moi

Comme un moulin qui tourne à vide

L'éternité

De grandes belles filles qui ne sont pas nées

Se donneront pour rien dans les bois

Des hommes que je ne connaîtrai jamais

Battront les cartes sous la lampe un soir de gel

Qu'est-ce que j'aurai gagné à être éternel? 

Les lunes et les siècles passeront

Un million d'années ce n'est rien

Mais ne plus avoir ce tremblement de la main

Qui se dispose à cueillir des oeufs dans la haie

Plus d'envie plus d'orgueil tout l'être satisfait

Et toujours la même heure imbécile à la montre

Plus de départs à jeun pour d'obscures rencontres

Je me dresse comme un ressort tout neuf dans mon lit

Je suis debout dans la nuit noire et je m'agrippe

A des lampions à des fantômes pas solides

Où la lucarne ? Je veux fuir ! Où l'écoutille ? 

Et je m'attache à cette étoile qui scintille 

Comme un silex en pointe dans le flanc

Ivrogne de la vie qui conjugue au présent

Le liseron du jour et le fer de la grille

 

 

Du même auteur :

Je t'attendais (18/01/2015)

 « J'ai toujours habité … » (18/01/2016)

Hélène (18/01/2017)

Celui qui par hasard (18/01/2018)

L’inutile aurore (18/01/2019)