07 août 2019

Robert Nédélec (1946 -) : Le livre

  Le livre        Tu es au bord d’un ciel figé entre deux pluies, et tenant dans tes mains ce qu’il reste d’écume sur l’eau du premier soir,        Tu regardes la nuit relever à hauteur d’aine et de vagues la belle encre dont on enduit sa peau quand il faut se dresser pour semer dans le sable.        La mer va l’amble, lentement, se met au vert dans ton regard,        Et ton livre est ouvert à la page où le mort... [Lire la suite]
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06 août 2019

Robert Desnos (1900 – 1945) : De la rose de marbre à la rose de fer

  De la rose de marbre à la rose de fer   La rose de marbre immense et blanche était seule sur la place déserte où les      ombres se prolongeaient à l’infini. Et la rose de marbre seule sous le soleil      et les étoiles était reine de la solitude. Et sans parfum la rose de marbre sur     sa tige rigide au sommet du piédestal de granit ruisselait de tous les flots du      ciel. La lune s’arrêtait pensive en son cœur glacial et les déesses... [Lire la suite]
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04 août 2019

Victor Hugo (1802 – 1885) : Le Matin

  Le matin   Moriturus moriturae . Le voile du matin sur les monts se déploie, Vois, un rayon naissant blanchit la vieille tour ; Et déjà dans les cieux s'unit avec amour,           Ainsi que la gloire à la joie, Le premier chant des bois aux premiers feux du jour.     Oui, souris à l'éclat dont le ciel se décore ! - Tu verras, si demain le cercueil me dévore, Un soleil aussi beau luire à ton désespoir, Et les mêmes oiseaux chanter la même... [Lire la suite]
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03 août 2019

Joë Bousquet (1897 – 1950) : « Il ne fait pas nuit sur la terre ... »

            Il ne fait pas nuit sur la terre ; l’obscurité rôde, elle erre autour du noir. Et je sais des ténèbres si absolues que toute forme y promène une lueur et y devient le pressentiment, peut-être l’aurore d’un regard. Ces ténèbres sont en nous. Une dévorante obscurité nous habite. Les froids du pôle sont plus près de moi que ce puant enfer où je ne pourrais pas me respirer moi-même. Aucune sonde ne mesurera ces épaisseurs : parce que mon apparence est dans un... [Lire la suite]
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29 juillet 2019

Jean Rousselot (1913 – 2004) : Retour

  Retour   Malgré moi je me souviens des mansardes sombres Où l’ennui accrochait un sourire figé, Des linges qui sèchent au-dessus de l’âtre, De la cuvette usée et des vitres chevrotantes.   Malgré moi, j’ai pitié des cours profondes et visqueuses Sans oiseaux, sans feuilles tourbillonnantes Et du pétrin invisible qui geint en bas Nuit et jour, comme un forçat enterré.   Malgré moi, j’ai pitié des vieilles repasseuses Aux jambes lourdes, aux yeux rougis Et de l’ivrogne rentré tard qui bat sa femme ... [Lire la suite]
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27 juillet 2019

Jacques Dupin (1927 – 2012) : « Se lever tôt... »

  Se lever tôt, se coucher tard, restreindre l’espace de réparation   retrouver                     le souffle des mots perdus hors de la cage d’air   comme un cheval qui se bat contre les taons, le hasard, contre les mouches ... [Lire la suite]
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27 juillet 2019

Gérard de Nerval (1808 – 1855) : Vers dorés

  Vers dorés   Homme, libre penseur ! te crois-tu seul pensant Dans ce monde où la vie éclate en toute chose ? Des forces que tu tiens ta liberté dispose, Mais de tous tes conseils l’univers est absent.   Respecte dans la bête un esprit agissant : Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ; Un mystère d’amour dans le métal repose ; « Tout est sensible ! » Et tout sur ton être est puissant.   Crains, dans le mur aveugle, un regard qui t’épie : A la matière même un... [Lire la suite]
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25 juillet 2019

Anne Bihan (1955 -) : Amer III

  Amer III   ... Tu dis elle lui la mer et que pour écrire tu l’as traversée d’un bord à l’autre du monde, franchi cap tropiques et cherché les mots à genoux sur la chaussée des pauvres ; tu dis personne ne revient partir comme rester, mais apprends à te tenir entre à jamais debout sur les fissures les gouffres, femme entre à jamais, et seul compte à la toute fin l’enlacement des mondes...     Variation 1   ... tu ne crois plus tout à fait qu’écrire comme traverser la mer les murs la mort ... [Lire la suite]
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24 juillet 2019

Jean-Pierre Claris de Florian (1755 – 1794) : La guenon, le singe et la noix

  La guenon, le singe et la noix     Une jeune guenon cueillit Une noix dans sa coque verte ; Elle y porte la dent, fait la grimace... ah ! certes, Dit-elle, ma mère mentit Quand elle m'assura que les noix étaient bonnes. Puis, croyez aux discours de ces vieilles personnes Qui trompent la jeunesse ! Au diable soit le fruit ! Elle jette la noix. Un singe la ramasse, Vite entre deux cailloux la casse, L'épluche, la mange, et lui dit : Votre mère eut raison, ma mie : Les noix ont fort bon goût, mais il... [Lire la suite]
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23 juillet 2019

Jehan Rictus (1867-1933) : Notre dab qu’on dit aux cieux

  XVI   Notre dab qu’on dit aux cieux,   (C’est y qu’on n’pourrait pas s’entendre !)   Notre daron qui êt’s si loin Si aveug’, si sourd et si vieux, (C’est y qu’on n’pourrait pas s’entendre !)   Que Notre effort soit sanctifié, Que Notre Règne arrive À Nous les Pauvr’s d’pis si longtemps,   (C’est y qu’on n’pourrait pas s’entendre !)   Su’ la Terre où nous souffrons Où l’on nous a crucifiés Ben pus longtemps que vot’ pauv’ fieu Qu’a d’jà voulu nous... [Lire la suite]
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