James-signe[1]

 

Parfois l’âne arrive

Avec des mots sous ses sabots

Comme de la poussière ou de la boue à cause

De là d’où il vient et de par là où il est passé.

Le poème qui n’attendait pas sa parole

A pensé qu’il pourrait s’en saisir

Mais brille-t-elle pas mieux la donnée

Dans sa forme détachée

Comme, je m’en souviens, la terre

Des gros souliers de mon père secouée

Au bout d’un champ ou bien

Avant d’entrer dans la maison ? Le poème

Si mal capable d’accepter

Le vivant d’à côté.

 

On imagine en général

Que l’âne aime à se tenir

Dans des paysages rudimentaires

Parmi les pâtis courts, les chemins de terre

Et beaucoup de murets mal entretenus,

Des buissons (à peine si bientôt

Les gens sauront à quoi çà sert un buisson

Et quel travail il faut pour).

L’âne disparaît dans des images qu’on ne comprend plus.

 

Or le voilà qui t’attendait

Au bord de l’océan. Tranquille ou cabriolant, jetant

Le passé (comme une ancienne poupée retrouvée)

Dans le présent d’un futur qu’on sait d’un coup

Qu’il ne va pas tout changer.

 

Âneries pour mal braire

Tarabuste Edition, 36170 Saint-Benoît-du-Sault

Du même auteur :

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